Née en Allemagne en 1954, Kiki Smith développe depuis les années 1980 une pratique multidisciplinaire qui refuse toute hiérarchie entre les médiums et les registres. Au fil de ses sculptures, gravures, tapisseries, livres d’artiste et photographies, un sujet revient avec constance : le corps humain, souvent féminin, dans son anatomie, son empreinte et sa relation au vivant. Parfois inquiétant ou fragmenté, ce corps est aussi espace de rassemblement et point de rencontre d’énergies.
Conçue en étroite collaboration avec l’artiste, l’exposition Être ici |Maintenant |Partout déploie ce parcours sur près de 1 500 m² répartis sur trois étages du MO.CO. Le visiteur traverse successivement le corps comme signe social — habillé, accessoirisé, soumis à des codes — puis des sculptures minimalistes de corps anonymes où la posture seule fait sens, avant d’aborder des fragments sculptés, dessinés ou photographiés en dialogue avec des objets des collections patrimoniales de l’Université de Montpellier. La dernière salle ouvre sur la dimension céleste : l’invisible qui relie les corps aux étoiles. Une construction qui refuse la linéarité pour mieux rendre compte de la porosité propre à l’œuvre de Smith.
Après Berlinde De Bruyckere, Huma Bhabha et Françoise Pétrovitch, le MO.CO. poursuit ainsi sa programmation consacrée aux grandes figures féminines de l’art contemporain. Un catalogue bilingue richement illustré, avec des textes pluridisciplinaires, accompagnera l’exposition.
En parallèle, le MO.CO. Panacée présente jusqu’au 11 octobre À fleur de peau, une exposition collective d’une vingtaine d’artistes — des années 1970 à aujourd’hui — explorant la monstruosité et les formes mutantes dans l’art contemporain.
Plus d’infos : moco.art
Photo : Divina on – Faith, 2019, Bronze, 66 x 61 x 18,1 cm, Édition 1/3, Courtesy Galleria Lorcan O’Neill et Timothy Taylor © Kiki Smith












