Pour sa 9ᵉ édition, Art Montpellier s’empare du thème du « Voyage ». Cinq expositions phares invitent à explorer mers, rivages et cartographies intérieures. Fidélité des galeries régionales, ouverture internationale et nouveautés se conjuguent pour faire de la foire un rendez-vous artistique singulier en Méditerranée. Son directeur artistique, Didier Vesse, revient sur les choix et les ambitions qui portent l’événement.
« C’est cette combinaison entre fidélité, émergence et diversité
qui fait la singularité d’Art Montpellier »
Pourquoi avoir choisi le thème du « Voyage » pour cette 9ᵉ édition ?
En fait, tout est parti d’un petit livre de l’artiste Gaspard de Gouges et de Bernard Teulon-Nouailles : Sept escales à Ithaque. Je l’ai lu juste après la dernière édition de la foire et j’ai trouvé cette idée du voyage très belle. On a l’impression d’être en Grèce, alors que tout est en réalité une reconstitution : l’artiste Gaspard de Gouges fabrique des maquettes qu’il photographie. Cette approche, associée aux textes poétiques, m’a beaucoup parlé et m’a donné envie de construire la thématique autour de cette idée du voyage.
Cinq expositions suivent ce thème. Pouvez-vous les présenter ?
Il y aura cinq expositions liées à la thématique. Gaspard de Gouges sera présent et montrera les maquettes et les photos du livre dont je parlais. Autre exposition, celle de Trifolium, autour de la mer et des océans : une véritable immersion sensorielle qui interroge notre rapport à la planète bleue. Ensuite, la Région Occitanie présente des photographies sous-marines de Laurent Ballesta. On découvrira également l’artiste Rutvanowska, avec la galerie PNC Art (Uzès), et ses sculptures blanches très poétiques, qui a immédiatement adhéré à cette idée du voyage. Enfin, Art Five Gallery propose une exposition avec le photographe engagé Philippe Echaroux, dont le travail sur la lumière et les portraits réalisés à travers le monde est remarquable. On le voit, la photographie occupe une place importante cette année dans les expositions thématiques, ce qui donne une grande cohérence à l’ensemble.
Au-delà des expositions, la foire propose aussi un programme riche – conférences, projections, performances, soirées… Comment construisez-vous cette dimension et quel rôle joue-t-elle dans l’expérience des visiteurs ?
Nous tenons à proposer une expérience complète. Cette année encore, nous aurons des conférences, notamment avec notre fidèle intervenant Christian Noorbergen, qui abordera le thème du voyage, et avec Laurent Ballesta. Et puis, nous gardons les rendez-vous conviviaux comme les soirées et les projections. La nouveauté, c’est l’ouverture dès le mercredi après-midi au grand public : auparavant, cette première journée était réservée au vernissage. Ce dernier a toujours lieu le soir, mais chacun pourra venir découvrir la foire dès l’après-midi.
Près de 50 exposants sont attendus, entre fidèles, nouveautés et galeries étrangères. Comment cette sélection reflète-t-elle l’identité d’Art Montpellier ?
Nous aurons cette année environ 50 exposants, dont 40 à 45 galeries, avec une présence étrangère : une galerie italienne, deux espagnoles et une japonaise. Il est important de souligner que près d’un tiers des galeries viennent du Gard et de l’Hérault. Cela montre l’ancrage local tout en maintenant une ouverture internationale.
On retrouve des fidèles, comme la galerie Florence de Béziers, Daniel Guidat, seule galerie autour du verre, Prestaart Gallery, L’Arbre de Jade… Mais aussi des retours, par exemple Corps et Âme de Nîmes, la Galerie Outreloire, qui présentera Carlito Dodici et Pierre Soulages, ou encore Dock Sud à Sète. Certaines galeries étrangères nous accompagnent depuis plusieurs années, comme la NFF Japon ou Montsequi – Galeria de Arte (Espagne). À côté de ces fidélités, il y a des nouveautés : la galerie NEA, la galerie Cilas (nouvellement créée à Montpellier), ou encore la galerie PNC Art à Uzès. On ne peut pas tous les citer, mais c’est cette combinaison entre fidélité, émergence et diversité qui fait la singularité d’Art Montpellier.
La 10e édition aura lieu en 2026. Quels sont vos priorités et vos ambitions pour l’avenir de la foire ?
Nous sommes actuellement dans la préparation de la 9ᵉ édition, mais nous commençons déjà à penser à la 10ᵉ, prévue en 2026. Nous voulons imaginer une édition vraiment remarquable, à la hauteur de ce cap symbolique. Mon souhait, c’est de renforcer encore la dimension méditerranéenne, avec une relation plus soutenue avec la Grèce par exemple. Il faudra aussi trouver davantage de moyens pour développer l’image et l’ambition de la foire. Malgré les difficultés que connaît le monde de l’art, nous devons rester combatifs : cette 10ᵉ édition sera un moment fort !
Recueilli par Eva Gosselin
Plus d’infos : artmontpellier.com
Photo : Didier Vesse