Cajarc, Saint-Cirq : deux villages qui font de la vallée du Lot une destination charmante où se cultiver et se sustenter d’art contemporain. La grotte pariétale de Pech Merle, à Cabrerets, sera également sollicitée ainsi que les gravures de Goya (musée de Castres) lesquelles dialoguent à Cajarc avec l’invité d’honneur. Le Toulousain Lionel Sabatté, nommé au prix Marcel Duchamp 2025.
Cet artiste qui aura attendu la cinquantaine avant de voir son travail définitivement reconnu se distingue par ses sculptures animalières, ou humaines, on ne peut plus expressives, faites aussi bien de matériaux modernes (ciment, fer à béton, ferraille) que des traditionnels (chaux, filasse végétale, bronze oxydé), ou naturels (poils de brebis, laine vierge). Et, de rebuts ainsi réhabilités, qui ont contribué à sa notoriété. On pense à la cendre, à la poussière ou à des peaux mortes. La notion d’hybridité semble s’imposer. Ainsi verra-t-on une licorne au musée préhistorique (cf. Un désir souterrain, titre de ces expos), des loups de (moutons de) poussière ou un étrange cervidé à Saint-Cirq ; des fragments de corps et bustes à Cajarc, de dimensions non négligeables.
Toutefois, Lionel Sabatté possède d’autres cordes à son arc, outre sa connaissance du Quercy, surface et sous-sols. Ainsi du dessin, sur papier Arche, dont la série Ensauvagement résumant assez bien les thèmes de prédilection de l’artiste : l’état sauvage, le corps brut, l’action pleine et naturelle. Mais aussi la gravure sur bois, voire le monotype (Fantasma), que l’on pourra découvrir à Cajarc. La pierre aussi, entassée, gravée et réalisée à Caen. Comme on le voit, Sabatté mêle les époques, de la préhistoire à notre temps en passant par l’histoire de l’art et de ses diverses techniques. Je pense à ses dessins au poil de brebis, ou à ses Pelages, à base de laine tissée, d’huile et de brou de noix.
BTN
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