Art, science et territoire. Voilà ce qui anime l’intervention d’Ursula Caruel (vue à l’Espace Bagouet, Agnès B, Le Réservoir) dans ce musée voué aux activités des Causses et des Cévennes et à ses traditions. Pour l’heure, ce sont les plantes médicinales du territoire qui sont mises à l’honneur, mettant en évidence la biodiversité du secteur.
Ursula Caruel, si elle représente l’art contemporain qui semble redécouvrir les activités textiles et artisanales en général, ne sera pas la seule artiste présente puisqu’on pourra découvrir les aquarelles d’Omer Faidherbe (aujourd’hui décédé) et Isabelle Mouton, reprenant les travaux d’un membre actif du siècle des Lumières, François-Alexandre Rouger et aussi d’une ethnologue des années 50-60 Adrienne Durand Tuflou. C’est le thème de la plante et donc de l’herbier qui est ainsi mis en exergue. Certes, on ne traite pas de la même manière des plantes dans le genre un peu particulier de l’herbier (à la croisée de l’art et de la science) comme l’on traite une nature morte, à fortiori un paysage.
On a affaire à ce qui fut du vivant et Ursula Caruel lui attribue des lettres de noblesse soit en lui adjoignant des broderies singulières (ainsi qu’on ne lui voit faire avec de simples tiges par ex), soit en jouant sur la particularité des supports (ces sortes de tambours circulaires qu’elle a tendance à démultiplier, en jouant d’ailleurs sur des gradations de tailles) soit en débordant du mur au sol (cf. Bagouet), soit en pratiquant la fresque in situ ou l’installation. On connaît par ailleurs l’intérêt de la montpelliéraine pour l’herbier de JH Fabre.
Évidemment, en bonne artiste nomade, ainsi se définit-elle, Ursula Caruel s’adapte toujours aux lieux qui l’invitent, en l’occurrence le viganais, dont on sait la richesse végétale qu’il propose notamment au printemps. Elle s’inscrit dans la tradition de ceux qui ont su tirer parti des ressources inouïes que nous fournit la nature dans des époques où l’humain vivait dans une relative symbiose avec elle. Ainsi l’artiste nous montre-t-elle la voie, que l’on appelle aujourd’hui résiliente, d’une possible guérison, par la connaissance scientifique, mais surtout par l’art. Elle nous donne indirectement une leçon d’espoir.
BTN
Plus d’infos :musee-cevenol.fr
Photo : Ursula Caruel, Musée Cevenol du Vigan