Elle refusait le moulage, n’a jamais produit deux fois la même pièce et tenait mordicus au titre de potière plutôt qu’à celui de céramiste. Juliette Derel (1918-2007) avait une façon bien à elle d’habiter la terre. Le Musée de la Poterie méditerranéenne lui rend hommage avec une rétrospective de plus de 150 pièces, après avoir consacré son édition 2025 à trente femmes céramistes des années 40, 50 et 60.
Formée aux Beaux-Arts de Tours, installée à Vallauris sur les conseils d’une amie, elle fréquente Chagall, Miró, Picasso, Hartung, Arman — et réalise une tapisserie avec Miró. Sa pratique est radicale : tout façonné à la main, décors obtenus par estampage avec des objets du quotidien, émaux surveillés heure par heure au four. Son orange caractéristique, dit « orange DEREL », et ses miroirs en terre sont devenus des objets de collection très recherchés. Après Vallauris, Saint-Paul-de-Vence et Saint-Pons, elle s’installe à Gréolières en 1988 et continue à se renouveler jusqu’à sa mort, formes toujours plus épurées, matière allégée, une œuvre qui n’a jamais cessé de se chercher.
Vernissage le 12 avril à 11h. Musée de la Poterie méditerranéenne, 14 rue de la Fontaine, Saint-Quentin-la-Poterie (Gard).
Plus d’infos : musee-poterie-mediterranee.com
Photo : © Musée de la Poterie méditerranéenne












