Trois projections synchronisées dans la nef de la Chapelle des Carmélites : un écran central horizontal et deux écrans latéraux verticaux composent le dispositif immersif que Bonella Holloway a conçu spécialement pour ce lieu. La référence au retable de l’iconographie chrétienne est explicite, tandis que les formats verticaux évoquent les images des réseaux sociaux — deux traditions de transmission des normes, séparées par des siècles, mises en tension dans un même espace.
L’installation se structure autour de trois axes. Le premier explore la plante comme objet décoratif sélectionné et contrôlé, miroir des injonctions à se conformer à des canons de beauté. Le deuxième met en parallèle l’exploitation des végétaux à des fins de soin et d’alimentation avec la notion de care — ce travail du prendre soin, associé au féminin, essentiel et pourtant largement invisibilisé. Le troisième ouvre sur la question de l’interdépendance : la capacité des plantes à survivre en écosystème devient métaphore des solidarités féministes et de la sororité.
Au cœur du triptyque, des entretiens filmés avec des personnes issues de différents champs professionnels tissent un récit collectif. Ces voix se répondent et se complètent, mettant en lumière à la fois les mécanismes d’oppression et les possibilités d’émancipation qui s’ouvrent à l’intérieur même des cadres contraints. Une œuvre à la fois politique et sensible, qui fait de la chapelle gothique non plus un lieu de transmission normative mais un espace de réappropriation.
Plus d’infos : monuments.toulouse.fr
Photo : Bonella Holloway / Chapelle des Carmélites, Toulouse












