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Labège | Sur le fait, par erreur et au hasard : Nicolas Daubanes à la Maison Salvan du 11 mars au 2 mai

6 Mar 2026 | Non classé

Du 11 mars au 2 mai, la Maison Salvan à Labège consacre une exposition personnelle à Nicolas Daubanes. L’artiste, connu pour ses œuvres autour de l’univers carcéral et des mécanismes de pouvoir, y explore différentes formes de création entre expérimentations photographiques et dessins à la limaille de fer.

Nicolas Daubanes s’est imposé, ces dernières années, comme l’un des artistes-phare de la région et bien au-delà. Exposition personnelle au musée de Céret, Les Abattoirs, Le LAC, le CACN, résidence à la Villa Médicis à Rome, Biennale de Lyon, Invalides, Panthéon, Palais de Tokyo… La Maison Salvan ne s’y est pas trompée, qui l’invite 13 ans après une première intervention, pour fêter ses vingt années d’existence. Sur le fait, par erreur et au hasard, ce sont trois des modes d’appréhension de l’acte de création tel que le conçoit cet artiste d’origine perpignanaise. L’accident en fait partie et enrichit l’expérience. On s’en apercevra en considérant ses pratiques photographiques récentes qui stabilisent des étincelles produites à la meuleuse et les figent dans l’espace et le temps.

Mais Nicolas Daubanes, c’est avant tout ce travail sur la limaille de fer aimanté qui aboutit à ses sombres dessins inspirés surtout de l’univers carcéral ou de façades prestigieuses, marquées par l’exercice du pouvoir et, souvent, ses prestiges. L’œuvre de Daubanes est hantée par des lieux emblématiques de la coercition que celui-là ne manque pas d’exercer. Ce sont ces lieux qu’il donne à voir.

Et ce n’est pas par hasard si l’on retrouve en la Maison Salvan un personnage aussi contraint que Galilée, l’homme qui taisait l’indubitable vérité (« Et pourtant elle tourne ! ») afin d’éviter l’enfermement, la surveillance ou la punition, pour paraphraser Foucault. Ou l’écrivaine italienne Goliarda Sapienza, laquelle a lutté contre le fascisme, transgressé tous les tabous et a tâté tant de la prison (où elle découvert paradoxalement L’art de la joie), de l’hôpital psychiatrique ou du couvent par héroïne interposée.

La limaille renvoie aux barreaux de prison et au monde industriel ayant fomenté le système dans lequel nous vivons. Le béton est un autre matériau du même acabit. Il permit à des prisonniers de faire acte de résistance en y mêlant du sucre pour le fragiliser et lutter ainsi contre l’oppression nazie. C’est ce Sabotage que la Maison Salvan avait présenté il y a 13 ans.

Nicolas Daubanes s’est essayé, à la Villa Médicis romaine, à des expériences sous forme de photographies, qu’il fera alterner avec des œuvres que l’on peut qualifier, dans sa production, d’historiques. Une porte et son œillet surveillant réduite en poussière comme propice à l’évasion. Ou la lumière de l’espoir dans un lieu dont ce n’est sans doute pas la mission majeure. La prison est également métaphorique pour lui. Sans nous en rendre compte, nous vivons en prison. L’art, un moyen d’en, de s’en, sortir ?

BTN

Plus d’infos : maison-salvan.fr
Photo : ©Daniele Molajoli

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