Dans une salle prise d’assaut par les lycéens de Narbonne et un bus de « vieux » venus de Carcassonne, voir le mythique drame de Shakespeare, Roméo et Juliette version XXIe siècle. Une relecture endiablée proposée par Guillaume Séverac-Schmitz dont le Mon royaume pour un cheval, un excellent concentré de Richard III nous avait séduit.
Une traduction résolument moderne et contemporaine. Une adaptation et une mise en scène très inspirée par la non moins mythique comédie musicale West Side Story. La guerre Capulet/Montaigut chorégraphiée façon Jets/Sharks par Juliette Roudet, ou la très poétique scène du mariage et la scène du balcon sur un escalier monté sur roulettes.
L’ensemble de la scénographie d’Emmanuel Clolus avec rideaux translucides et voiles est à la fois pratique et très esthétique. Autre belle idée : la présence de la violoncelliste Lydia Shelley dans les moments où la musique d’aujourd’hui laisse la place à une musique baroque. Des interventions fort appréciées. Quant aux costumes, contemporains et intemporels eux aussi mais avec allusion au XVIᵉ siècle, ils étaient assez réussis, en particulier, ceux de Juliette.
Le seul bémol dans ce parti pris lorsque Guillaume Morel/ Mercutio se déculotte en sortant de scène. Inutile et racoleur. Autre parti pris du metteur en scène : faire interpréter les deux héros par deux femmes. Juliette/Clémence Coullon et Roméo/Marine Gramond très crédibles et touchantes en tête d’une distribution par ailleurs très inégale, malheureusement. Le bus des « vieux » de Carcassonne était partagé en sortant, certains déroutés par cette lecture. Personnellement, je n’ai pas boudé mon plaisir. J’ai mêlé avec joie mes applaudissements frénétiques et mes bravos à ceux des lycéens.
MCH
Prochaines représentations, 12 et 13 mai, L’Estive, scène nationale de Foix, Ariège.
Photo : © Christophe Raynaud de Lage