Au début des années 1960, la danse et les arts visuels opèrent aux États-Unis un tournant majeur : les gestes ordinaires deviennent un matériau à part entière. L’exposition propose une histoire discontinue de cette transformation, qui traverse l’art minimal, la danse postmoderne et le pop art.
Marcher est l’une des activités privilégiées de cette réflexion. Dans Street Dance (1963-1965), Lucinda Childs évolue dans une rue de New York tandis que le public la regarde depuis le quatrième étage d’un loft. En 1965, James Lee Byars fait de la marche le matériau de The Mile-Long Paper Walk, une sculpture où un danseur déploie une bande de papier japonais de plus de 150 mètres.
La manipulation d’objets est un autre fil conducteur : sacs plastique, bigoudis et passoires peuplent les pièces que Lucinda Childs crée au Judson Dance Theater, tandis qu’Andy De Groat fait des cordes et des éventails des prolongements du mouvement. Dans les années 1970 et 1980, l’attention se déplace vers les systèmes qui permettent de noter et de transmettre la danse : diagrammes et partitions pour Lucinda Childs, écriture et geste graphique pour Andy De Groat, et la nouvelle théâtralité inventée avec Robert Wilson.
Cette exposition est le dernier volet d’un cycle de trois expositions conçu par Lou Forster, porté par le Frac Bretagne, le Frac Franche-Comté et le centre d’art Le Lait, en partenariat avec le Centre national de la danse. Elle sera accompagnée de rencontres, de visites et d’ateliers pour les enfants tout au long de l’hiver.
Plus d’infos : centredartlelait.com
Photo : Lucinda Childs, Street Dance (1963-2025), photographe : Maria Baranova, courtesy The Blanket












