Du 2 juillet au 8 novembre 2026, le Musée Paul Valéry de Sète consacre l’ensemble de ses espaces d’exposition temporaire à « Les couleurs de Jean Vilar », grand temps fort de sa saison été-automne. À travers un parcours en huit sections réunissant près de 40 tableaux et une centaine d’œuvres graphiques, mais aussi des costumes et des tapisseries, l’exposition retrace les liens qui unirent l’homme de théâtre aux peintres de son temps entre 1940 et 1970.
Fondateur du Festival d’Avignon en 1947 et directeur du Théâtre national populaire à partir de 1951, Jean Vilar refusait de considérer les artistes qu’il s’associait comme de simples décorateurs : il les voulait « peintres de théâtre », capables de faire de la couleur un véritable acteur de la scène. Autour de lui gravite une constellation de figures de la Nouvelle École de Paris, au premier rang desquelles Léon Gischia, son compagnon de route pendant près de vingt ans, mais aussi Édouard Pignon, Mario Prassinos, Gustave Singier, Alfred Manessier ou encore Jacques Lagrange.
Un parcours en huit chapitres
L’exposition s’ouvre sur la genèse de cette « nouvelle école de Paris », née dans le sillage du cubisme et de Matisse à la fin de la guerre, avant de retracer la rencontre décisive entre Gischia et Vilar, qui donnera naissance à l’esthétique dépouillée d’Avignon puis du TNP. Le parcours se poursuit avec l’engagement politique et la palette acide d’Édouard Pignon, l’univers burlesque de Jacques Lagrange pour Ubu, le goût du fantastique de Mario Prassinos, la recherche coloriste de Gustave Singier et la spiritualité picturale d’Alfred Manessier. Un dernier chapitre est consacré aux oriflammes, ces bannières inspirées du Palio italien devenues signature visuelle du Festival d’Avignon.
Sète, entre l’École de Paris et l’intime
L’exposition met aussi en lumière les résonances de cette histoire avec les collections du musée : Jean Vilar passait ses étés à Sète et fut un passeur entre l’École de Paris et la scène artistique locale, entouré notamment de son épouse Andrée Schlegel et de sa belle-sœur Valentine Schlegel. Une salle est ainsi consacrée à la production artistique d’Andrée Vilar.
Le commissariat général est assuré par Camille Bertrand-Hardy, directrice du Pôle des musées de Sète, avec Ingrid Junillon, responsable des collections du musée, et le concours scientifique d’Adrian Blancard, de la Maison Jean Vilar à Avignon. Une programmation culturelle est proposée en écho : rencontre avec Adrian Blancard le 24 septembre, ciné-musée le 11 octobre, et les Journées Jean Vilar du 16 au 18 octobre 2026, consacrées aux sociabilités artistiques du metteur en scène. L’exposition se clôturera le 8 novembre par un concert de quatuor à cordes.
Plus d’infos : museepaulvalery-sete.fr
Photo : © Eva Gosselin












