En 1958, Pierre Soulages visite l’atelier de Louise Nevelson et déclare : ce n’est pas seulement de la sculpture, c’est un monde tout entier qui s’ouvre à nous. Entre les deux artistes, la démarche est profondément partagée : exploration du noir, jeux d’ombres et de lumières, rapport à l’espace et à la dimension architecturale de l’œuvre. C’est dans cet esprit que le musée Soulages accueille la première grande exposition consacrée en France à Louise Nevelson depuis plus de cinquante ans.
Conçue par le Centre Pompidou-Metz et adaptée à Rodez par la commissaire Anne Horvath, le parcours réunit près d’une centaine d’œuvres — sculptures, collages, gravures et films — en cinq sections. Il explore le dialogue de l’œuvre avec la danse, le « jardin magique », les constructions dédiées à l’aube et au crépuscule, les Dream Houses et les vastes murs abstraits et géométriques qui ont fait la renommée de l’artiste.
Née en Ukraine en 1899 et décédée à New York en 1988, Nevelson invente des environnements colossaux à partir de rebuts new-yorkais sublimés sous un voile monochrome noir, blanc ou doré. Se définissant elle-même comme une architecte de l’ombre et de la lumière, elle trace un sillon singulier dans la sculpture américaine des années 1960, que cette rétrospective permet enfin de mesurer pleinement.
Plus d’infos : musee-soulages-rodez.fr
Photo : Louise Nevelson, Shadow and Reflection I, 1966. Bois peint en noir, 273,5 x 430 x 65 cm © Estate of Louise Nevelson. Licensed by Artist Rights Society (ARS), NY/ADAGP, Paris / Photo © Ville de Grenoble / Musée de Grenoble – J.L.Lacroix












