Longtemps considéré comme un genre secondaire dans la hiérarchie académique, le paysage n’a cessé de gagner du terrain jusqu’à s’imposer, à la fin du XIXᵉ siècle, comme un sujet à part entière. La Conservation départementale du Gard lui consacre un nouveau cycle, après une année dédiée à l’art brut et une première exposition sur les vues et monuments emblématiques de Villeneuve-lez-Avignon.
Le propos est ici de montrer comment le catholicisme a, dès son apparition dans l’iconographie religieuse européenne à la fin du XVᵉ siècle, fait une place croissante au paysage : manifestation de la puissance divine, support de méditation, évocation plus ou moins lointaine du Paradis. Reflet du réel, ouverture vers le Ciel ou image d’un jardin céleste ? Les réponses varient selon les époques et les pays.
Le parcours s’appuie sur les collections permanentes du musée, enrichies de plusieurs prêts. On y verra une Madone florentine d’environ 1460, Le Repos pendant la fuite en Égypte de Simone Cantarini, Sainte-Anne, la Vierge et un chartreux de Nicolas Mignard, une Annonciation peinte par Colette Richarme en 1941 ou encore Adam et Ève chassés du Paradis terrestre de Jean Achille Bénouville, prêté par le musée des beaux-arts de Besançon.
L’exposition commence dans la cour de Justice, espace dévolu aux temporaires, avant de se prolonger dans les collections permanentes, où les œuvres qui font écho au thème sont signalées. Quelques pièces sorties des réserves montrent que cette évolution du regard dépasse la seule peinture.
Plusieurs rendez-vous accompagnent l’exposition : une conférence de Philippe Martin, professeur à l’université Lyon 2, le 6 novembre, des visites guidées avec une médiatrice (les 20 octobre, 22 et 29 décembre) et des ateliers d’aquarelle pour adultes. Un catalogue est publié aux éditions In Extenso.
Plus d’infos : gard.fr
Photo : Jean Achille Bénouville, Adam et Ève chassés du Paradis terrestre, 1841. Huile sur toile. © Besançon, musée des beaux-arts et d’archéologie, C. Choffet












