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Montpellier : une oeuvre italienne majeure du XVIIe siècle rejoint les collections du musée Fabre

28 Jan 2022 | Art & Expos, Hérault, Musées

Jeudi 27 janvier, un accrochage inédit a été réalisé au musée Fabre avant son ouverture au public. L’œuvre spectaculaire de Filippo Vitale, Judith et Holopherne, don de M. Didier MALKA, avocat au barreau de Paris, collectionneur, amateur de peinture italienne, fervent soutien de la politique menée par le musée Fabre à l’égard de la peinture italienne, a trouvé sa place au sein de l’exposition temporaire La Beauté en partage, 15 ans d’acquisitions au musée Fabre, visible jusqu’au 6 mars.

Spectaculaire, ce tableau donne une idée forte du goût pour les scènes violentes inspirées de la Bible dans la peinture italienne du XVIIᵉ siècle. Cette acquisition récente du musée Fabre contribue à enrichir sa prestigieuse collection de peinture italienne, au cœur de l’identité de l’établissement depuis sa fondation en 1825, et pleinement mise en lumière par la publication de son catalogue exhaustif en 2020.

C’est ainsi toute la politique d’acquisition, de recherche et de diffusion d’exposition du musée Fabre, vivement soutenue par Montpellier Méditerranée Métropole, qui est saluée à nouveau aujourd’hui.

L’œuvre de Filippo Vitale

Filipo Vitale est âgé d’une quinzaine d’année lorsque Caravage (1571-1610) effectue ses deux séjours napolitains, en 1606-1607, puis à nouveau en 1609-1610. La présence de l’artiste et les importantes toiles qu’il laisse dans la cité parthénopéenne ont une influence décisive sur les peintres actifs dans la ville, qui se convertissent à sa manière. C’est notamment le cas de Vitale, élève de Carlo Sellito (1581-1614) qui démontre son allégeance précoce au caravagisme dans son Sacrifice d’Isaac (vers 1615, Naples, musée de Capodimonte) ou son Souper à Emmaüs (Pau, musée des Beaux-Arts).

La Judith et Holopherne s’inscrit dans le sillage des deux versions exécutées par Caravage de ce sujet violent. Le peintre a sans aucun doute connu la seconde version peinte par Caravage à Naples, connue par une copie (Naples, Palazzo Zevalos) et une autre version à l’attribution particulièrement disputée. Vitale représente le même moment que celui, très original, que Caravage avait choisi : l’instant ou Holopherne prenant conscience de l’imminence de sa mort, pousse un hurlement de douleur et de terreur, avant d’expirer. L’organisation générale de l’image est la même : les personnages à mi-corps, le général philistin à gauche, l’héroïne juive au centre et sa servante à droite, avec une grande draperie rouge en toile de fonds pour de servir de décor au drame. L’artiste se plait à confronter la carrure démesurée d’Holopherne, notamment ses énormes mains, aux gestes tempérés de Judith, dont la physionomie apaisée répond, par contraste, au visage ridé de la vieille servante qui s’apprête à recueillir dans un sac le trophée de sa maîtresse : la tête d’Holopherne.

Si la référence à Caravage est manifeste dans la structure du tableau, il révèle dans le même temps la profonde transformation stylistique qui éclot durant le second quart du XVIIe siècle napolitain, entre baroque et classicisme, à une époque ou Vitale atteint sa pleine maturité. Là où Caravage avait fondé son tableau sur un intense clair-obscur, la scène de Filippo Vitale est éclairée par un violent coup de lumière qui définit brutalement la scène, les gestes et les expressions des personnages.

Plus d’informations : museefabre.montpellier3m.fr

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