Ce partenariat scientifique réunit deux établissements autour d’une figure emblématique de l’art moderne. Entre paysages, natures mortes et portraits, l’exposition, dont le commissariat est assuré conjointement par les deux institutions, met en évidence la singularité du parcours de l’artiste et la réception de son œuvre dès les années 1920.
Chaïm Soutine, né en 1893 à Smilovitchi, près de Minsk, arrive à Paris en 1913 après des études à Vilnius, et se lie d’amitié avec Amedeo Modigliani. Entre 1919 et 1922, il séjourne dans le sud de la France, à Cagnes-sur-Mer et à Céret, avec le peintre Pinkus Krémègne. Près de deux cents tableaux sont créés dans la cité catalane. Son style évolue alors vers un expressionnisme puissant, marqué par un mouvement tourmenté, une facture violente et des couleurs intenses inspirées par la lumière méditerranéenne.
C’est à cette période que le marchand et collectionneur Paul Guillaume le repère, l’expose dans sa galerie parisienne et le présente au collectionneur américain Albert Barnes, dont la quête d’art moderne français bouleverse le marché de l’art. Cette rencontre transforme la trajectoire de Soutine : de l’artiste maudit de l’École de Paris, il devient un artiste reconnu. L’exposition rappelle aussi le rôle des marchands et mécènes, de Léopold Zborowski à Marcellin et Madeleine Castaing, et la jalousie que ce succès a pu susciter chez ses pairs.
Un catalogue, avec des contributions des commissaires et d’une autrice internationale, accompagnera l’exposition, ainsi qu’une programmation culturelle riche, dont un podcast pédagogique de l’Orangerie, « Bleu comme une orange », réalisé avec des scolaires à Céret. Le commissariat est assuré par Juliette Degennes, Jean-Roch Dumont Saint Priest et Gwendoline Corthier-Hardoin.
Plus d’infos : musee-ceret.com
Photo : Chaïm Soutine, Arbre couché, entre 1923 et 1924, Paris, musée de l’Orangerie © GrandPalaisRmn (musée de l’Orangerie) / Photo Franck Raux












