L’Atelline, scène conventionnée, investit la rue et les espaces publics de la métropole montpelliéraine pour une saison placée sous le signe de l’art vivant et du partage. De mars à juillet 2026, spectacles, performances et créations conçus pour l’espace public iront à la rencontre des habitants. Marie Antunes, directrice de l’Atelline, et Marc El Samrani, chargé de mission et de communication, nous ont présenté les temps forts de cette programmation.
Reconnue par le ministère de la Culture, l’Atelline est une scène conventionnée dont la vocation est de faire de l’espace public un véritable lieu de création, là où on ne l’attend pas : rues, paysages et territoires deviennent alors partenaires de l’art. L’ADN de l’Atelline repose sur une idée centrale : le cheminement. Écrire, expérimenter et évoluer aux côtés des équipes artistiques, en laissant au processus de création le temps de se développer pleinement.
La structure inscrit son action dans une logique de diffusion à l’échelle métropolitaine, notamment dans des territoires peu dotés en équipements culturels. Plutôt que de dépendre de salles ou de théâtres, elle choisit d’investir directement l’espace public, dans toute sa dimension physique, sociale et politique.
« La création en espace public, c’est considérer que l’espace public n’est pas un décor, mais qu’il est réellement un médium, un partenaire de jeu, qui a sa propre vie et parfois des usages totalement contradictoires avec l’œuvre qui s’y déroule. Il faut donc un enroulement de finesse et de créativité pour faire de l’espace public un vrai partenaire de jeu », explique Marie Antunes, directrice de l’Atelline.
L’approche de l’Atelline est résolument transdisciplinaire : théâtre, danse, cirque, créations sonores, avec une exigence commune : une écriture pensée en lien direct avec le contexte, destinée à un public à la fois habitant et passant, et des œuvres qui dialoguent avec leur environnement et les réalités de la société.
Une approche fondée sur le dialogue et la coopération
L’Atelline défend une approche fondée sur la confiance et le respect des processus artistiques. « On n’impose jamais rien aux équipes artistiques, surtout pas quand elles sont en création. Il s’agit, autant que possible, de protéger ces espaces-là, et d’en faire des objets lorsque les artistes le souhaitent et jugent le bon moment pour les partager », souligne Marie Antunes. Plutôt que d’agir seule, l’Atelline construit des logiques de coopération et de solidarité avec les acteurs de son territoire. « Parce qu’aujourd’hui, coopérer, c’est être solidaire », poursuit la directrice.
L’Atelline prend en charge une grande partie du financement des projets, tandis que les communes partenaires contribuent à la communication, à la relation avec les publics et à la mise à disposition des espaces. Un modèle de partage qui permet de faire exister des projets ambitieux sans peser entièrement sur les collectivités.
Par ailleurs, dans des communes rurales, périurbaines ou urbaines, où le lien social est fragilisé, les projets artistiques ouvrent un espace de dialogue inattendu. Une œuvre peut rassembler des publics aux sensibilités différentes autour d’un moment commun, même éphémère. Les artistes, souvent les meilleurs observateurs des changements de la société, occupent une place essentielle dans ce dialogue.
Les temps forts de la saison mars–juillet 2026 :
Mizu – Samedi 2 mai à 16 h | Le Crès, plage du lac
Mizu est une expérience poétique et fragile jouée sur un lac, où une marionnette de glace à échelle humaine, sa marionnettiste et une danseuse aérienne évoluent ensemble sur l’eau. L’eau y devient bien plus qu’un décor : elle incarne l’impermanence et la délicatesse au cœur même du spectacle.
Vertiges – Dimanche 10 mai à 11 h | Manifeste pour un quartier, Celleneuve
Vertiges, de la compagnie Rara Woulib, est une déambulation artistique et habitante qui traverse le quartier de Celleneuve, mêlant rencontres, pique-nique et moments festifs pour faire des luttes du quotidien une source de créativité et de joie. Le spectacle partira de la place Mansart pour rejoindre le parc de la Maison pour tous, porté par les habitants eux-mêmes autant que par les artistes.
La nature ça n’existe pas – Samedi 6 juin à 17 h | Juvignac
La Nature, ça n’existe pas est un spectacle sonore et visuel pour jeune public qui interroge la frontière que le mot « nature » impose entre l’humain et le vivant, en mêlant sons, images et objets pour explorer et rêver notre relation au monde.
Les lectures électriques – Mercredi 8 juillet à 19 h | Lattes, site archéologique Lattara
Les Lectures électriques sont des lectures performées et immersives, mêlant voix, création sonore et textes littéraires, qui invitent à découvrir autrement le site archéologique de Lattara. Cette édition explore les métamorphoses du paysage, à la croisée des traces humaines, des vestiges et de l’imaginaire.
I want to believe – En résidence du 23 au 27 mars | Juvignac
I want to believe est le second volet du cycle NOUS de Claire Engel, une recherche au long cours sur ce qui fonde le collectif en partant du « je ». Le corps et l’espace public y restent des territoires d’exploration, traversés par un engagement féministe affirmé.
Résonances croisées – En résidence, du 13 au 17 avril et du 8 au 12 juin | Juvignac
Résonances croisées est une création sonore de Jérôme Hoffman qui explore les frontières non comme des lignes de séparation, mais comme des espaces de rencontre, en mettant en dialogue les perceptions des voyants et des non-voyants. Construite à partir de l’identité sonore singulière de Juvignac, elle invite chacun à redécouvrir son environnement, simplement en tendant l’oreille.
Mégazorg – Mercredi 13 mai à 19 h | Juvignac
l’Atelline accueille le collectif Muerto Coco autour de Mégazorg, un projet collectif et social qui interroge le dialogue et le vivre-ensemble. Une utopie enfantine qui traverse tout le travail du collectif : jouer, poser des questions et remettre en jeu les codes de la société.
Horizon sur la création – Samedi 23 mai à 16 h | Villeneuve-lès-Maguelones, Centre de loisirs de la plage du Pilou
Horizon sur la création investit le centre de loisirs du Pilou, un lieu unique entre Méditerranée et marais.
Au programme : Vous êtes des animaux (17h30), une lecture poétique où des animaux tentent de dialoguer avec les humains autour des enjeux écologiques ; Ainsi s’en vont les ruines (18h30), une déambulation mêlant danse, théâtre et images pour explorer les traces du passé ; et Brèches (20h), une lecture-performance musicale entre voix et sons qui questionne notre rapport à la nature et aux autres, prolongée par des rencontres avec les artistes.
Amin – Jeudi 2 juillet à 19 h | Juvignac
Amin, nouvelle création de la Compagnie Diptik, mêle six danseurs et un musicien dans un univers inspiré de la culture Gnawa et de la légende de Sidi Moussa. La pièce explore la traversée entre effondrement et renaissance à travers une danse brute et organique.
Plus d’infos : latelline.org
Photo : © Benoît Guillardeau