Le Parvis de Tarbes redescend de ses hauteurs habituelles (artistes reconnus de la scène nationale contemporaine) pour s’occuper du département, et par la même de l’Art du Territoire, en Hautes-Pyrénées. Une dizaine d’artistes ont été conviés à occuper les lieux et à Déplacer les montagnes, à commencer par le phénoménal et décalé Bruno Schmeltz, qui vient de nous quitter, et une certaine idée de la peinture. On se souviendra de son académisme ironique et de son art de traiter du corps humain, source inépuisable d’inspiration, tout comme les chevaux. Le peintre toulousain ne dédaignait pas les scènes habilement détournées de la ville moderne, à l’instar du surréalisme avec qui il partage l’inattendu, la fantaisie, le merveilleux.
Les Pyrénées sont également terre d’accueil pour les artistes qui viennent d’ailleurs et qui ont choisi la France pour y exprimer leur créativité. Ainsi de la photographe mexicaine Fernanda Sánchez-Parédes qui traque Les heures bleues, les hommes-animaux et les montagnes sublimes, dont la Hourquette d’Ancizan ; de la sculptrice vénézuélienne Maria Marquina, ses Totems sans tabous et ses floraisons de matière émancipée ; ou de la peintre sud-africaine Nicky Broekhuysen qui propose des interprétations très personnalisées de la forêt toute proche.
La peinture, longtemps ignorée, et plutôt narrative, a le vent en poupe, ainsi que le prouvent les réalisations soignées de Philippe Pujo, souvent sur très grands formats et en référence à l’histoire de l’art. Elle tente également sa consœur Lucile Martinez, ses généreux paysages chatoyants et ses galets peints. Le dessin n’est pas en reste grâce aux ciels tourmentés de Milo Lasserre, lequel développe d’intéressantes séries au fusain sur le thème de la fumée dense. Clément Huynh lui emboîte le pas dans une perspective plus axée sur les architectures rurales.
La sculpture est représentée par les arbres couchés et peints, une fois dépouillés, par Lorène Roustin. L’extérieur s’expose ainsi à l’intérieur. Enfin Alain-Jacques Lévrier-Mussat explore sans cesse la suite de Fibonacci, notamment dans ses spirales, ou figures géométriques simples, tout en développant une véritable cosmogonie à échelle humaine et artistique. Les œuvres sont placées au sol, suspendues dans l’espace ou présentées en ensembles sur les murs. Ces artistes sont peu connus sur le plan national. C’est tout le mérite du Parvis que de se focaliser sur eux pour leur assurer un maximum de visibilité.
BTN
Plus d’infos : parvis.net
Photo : © Cyril Boixel












