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Avignon | À la Collection Lambert, cinq artistes internationaux et un retour vers les années 1980 à découvrir jusqu’au 20 septembre

11 Août 2026 | Arts plastiques

Cinq artistes internationales investissent le volet Montfaucon de la Collection Lambert, à Avignon, jusqu’au 20 septembre, tandis que le volet Caumont revient sur les années 80 acquises par le galeriste.

Si le volet Caumont de la Collection Lambert renouvelle notre approche des nombreuses œuvres des années 80 acquises par l’ancien, galeriste, la partie Montfaucon met à l’honneur un quintet au féminin, et international, puisque l’on y trouve une Américaine, une Iranienne (passée par nos Beaux-Arts, de Montpellier), une Coréenne, une Indienne et une artiste palestinienne. C’est la jeune diplômée venue de Perse qui nous accueille, Melika Sadeghzadeh, avec une installation au sol essaimant des grenades en plâtre vidées de leur substance, au-dessus desquelles flottent des chutes d’ébénisterie, enrichies de poèmes intimistes. L’extérieur et l’intérieur se conjuguent et le mot grenade n’a pas été choisi par hasard.

Trois vastes salles sont consacrées à Jumana Manna et ses installations, de céramiques, plus loin de fers usinés et entre les deux sous forme d’image vidéo : un documentaire sur l’interdiction « écologique » et coercitive de plantes traditionnelles cueillies sur la terre palestinienne. Les céramiques sont peintes, disposées de manière anthropomorphe (une famille, un accouplement abstrait) et conjuguées à des tuyaux qui sortent des murs et surtout à des reliefs de pains assortis du quotidien (le journal…). La partie usinée est époustouflante car l’artiste mêle aux œuvres murales et à celles disposées au sol d’autres matériaux plus bruts (pierre) ou au contraire domestiques et laborieux (corde, tissus). Son tableau constitué de gazes superposées est une véritable merveille.

Le couloir est entièrement dévolu aux dessins très épurés de Shilpa Gupta. Ils esquissent des arrestations policières dont le principal intéressé est exclu. L’imagination fait le reste (disparu ? échappé ? éliminé ?). Nous sommes ensuite plongés dans le noir afin d’écouter le concert d’une chorale invisible, timidement éclairée sur des lutrins et des haut-parleurs. Il s’agit d’un chant œcuménique, enchaînant comme une prière les chants de révolte.

À l’étage, Geumhyung Jeong occupe l’intégralité de la salle en L : sa première partie par une œuvre au sol, style fouilles archéologiques, la seconde d’une part sur présentoir de type scientifique d’autre part grâce à des vidéos montrant l’artiste en train de faire fonctionner les objets robotisés. Car la Coréenne mêle des artefacts d’ossements humains à des prothèses robotiques, des œuvres hybrides, ce qui restera sans doute de notre temps dans 10000 ans. Ces artistes sont engagées, contre les mécanismes du pouvoir, les violences de toutes sortes, les dérives de la science.

Au sous-sol, Kim Gordon célèbre la liberté entière du corps tout en critiquant la société de consommation et les idolâtries de toutes confessions. On connaît ses prestations de musicienne, on connaît moins ses créations plastiques. Ses vidéos mettent en avant l’instrument à laquelle on l’associe, la guitare électrique, et comment elle est à la fois objet de libération et d’aliénation car elle semble faire corps avec lui. Des écrans posés au sol distordent l’image du corps et produisent de fabuleux effets. Ses peintures se réduisent parfois à un slogan emprunté à l’univers underground qui lui est coutumier. Ou à quelques nus monochromes et impulsifs.

Côté Caumont, on revoit avec plaisir certaines œuvres, les wall drawing de Sol Lewitt ou les empreintes de Toroni, témoins des goûts du galeriste dans les années 70 pour le minimalisme ou BMPT. Toutefois, ce sont les Eighties qui sont mises à l’honneur et le retour à l’image : les peintures de Blais ou Basquiat, Schnabel, Barbara Kruger ou Barcelo ; les photographies de Nan Goldin, David Amstrong ou Andres Serrano, une installation majeure de Boltanski… Et surtout à la manière dont des étudiants monégasques (PEEK ! Peek ! PEEK !) ont réagencé les deux pièces centrales, rajeunissant notre vision des œuvres. BTN

Plus d’infos : collectionlambert.com
Photo : En attendant ton retour, grenades en plâtre, dimensions variables, 2026. © Melika Sadeghzadeh

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