Du 11 avril au 8 mars 2026, le Musée International des Arts Modestes de Sète accueille Superbemarché, une exposition qui propose une réflexion esthétique sur les images graphiques marchandes à travers notamment de folles collections de papiers d’agrumes, un moyen pour les visiteurs de découvrir l’imaginaire de cet agrume qui fait aujourd’hui partie de notre quotidien.
Déjà en partie présentées fin 2022, dans le cadre de l’exposition « Modestes et Appliqués » au centre d’art montpelliérain La Fenêtre, ces collections de papiers d’agrumes viennent à nouveau captiver l’attention du public au MIAM qui propose l’exposition Superbemarché, aboutissement d’une résidence de recherche et de création datant de 2023. Elle est l’œuvre du duo de designers graphiques Rovo (Gaëlle Sandré et Sébastien Dégeilh) et des directrices respectives du MIAM et de La Fenêtre, Françoise Adamsbaum et Gaelle Maury.
Cette exposition, divisée en deux parties, propose d’abord un parcours en six temps explorant la mythologie des agrumes. Superbemarché invite d’abord à une réflexion graphique et esthétique autour des collections conséquentes de papiers d’agrumes du MIAM – plusieurs dizaines de milliers de papiers de fruits – dont notamment les presque 20 000, collectionnés par le peintre normand Pascal Casson pendant plus de 40 ans. Cette exposition questionne également nos vies de consommateurs en proposant une réflexion sur l’industrie agroalimentaire des agrumes. Prendre conscience des rouages à l’œuvre dans la promotion du marché de contre-saison développé dans les années 1970, permet d’interroger les représentations de l’orange dans notre quotidien, aussi banales que celles que l’on retrouve sur nos sacs plastiques Carrefour.
Si Superbemarché nous fait entrer dans l’histoire de cette industrie de l’agrume en détaillant l’évolution de la chaîne de production – leur culture, leur import-export, leur commercialisation, jusqu’à leur consommation finale – du 19e siècle jusqu’à nos jours, la deuxième partie de l’exposition s’étend à toutes sortes d’images graphiques marchandes. Ainsi, l’artiste Francis Baudevin et le duo de graphistes Bastien Aubry et Dimitri Broquard réfléchissent sur l’autonomisation du packaging par rapport à sa fonction marchande avec des sculptures de boîtes à pizza par exemple. S’ils sont esthétiques, ces travaux de collectionneurs sont également empreints de souvenirs nostalgiques, que l’on retrouve particulièrement avec la collection de l’architecte Éric Monin, réunissant des sacs en plastique présentant des architectures ou encore la collection de papiers Sopalin décorés du duo d’artistes Mazaccio et Drowilal.
LJ
Plus d’informations : miam.org
Photo : Collection de sacs plastiques d’Éric Monin – © E. Monin