Comme chaque année, le printemps ramène à Sète Les Journées de l’amour, orchestrées par l’artiste Christy Puertolas. À la Chapelle du Quartier-Haut, le cru 2025 est un peu spécial puisqu’il nous amène à considérer notre amour des bêtes. Une quinzaine d’artistes ont été conviés, venant d’horizons divers.
On y trouve aussi bien des peintres reconnus que des photographes, des graffeurs (Someboby, et ses expressions gestuelles) que des artisans (bijoux et parures du Baron Samedi), des outsiders et des graphistes de l’hybride. On se souvient que dans son Apologie de Raymond Sebond, le sceptique Montaigne remettait en cause la prétendue supériorité de l’homme sur l’espèce animale dont la sensibilité commence à être reconnue. Il est ainsi naturel que la question se pose de notre rapport à cet autre que les bêtes incarnent à nos yeux.
L’exposition est découpée en quatre thèmes : celui du Bestiaire(Baptiste Chave scrute le regard des hiboux et chouettes, allégorisée par Minerve ; Véronique Fis rend hommage en aquarelle à Mimi la Chatte qui continue de l’observer de l’au-delà ; le duo MDLF-Marlou introduit des bêtes sauvages dans l’espace urbain…) ; celui de l’Alter ego (Robert Combas trouve d’étranges ressemblances entre un bouledogue et un acteur célèbre; Laure Boin prête à ses amoureux, de quelque éden perdu, la tête de créatures sylvestres ; Christy Puertolas s’abandonne au plaisir de la sieste avec quelque félin domestique) ; le Compagnonnage avec les bêtes aborde le mythe ancestral, la pensée primitive, l’osmose corporelle et spirituelle, dans les cavaliers de Ghyslaine et Sylvain Staëlens ou les assemblages taurins de Frantz Guyodo) ; enfin Notre part animale interroge nos instincts carnivores dans les photos de Dominique Renson ; dans l’autoportrait en sorcière mangeuse de poulet de Fatima Mazmouz ; dans l’Agnus Dei à la laine de mouton, de Laura Labri Laborie, autre commissaire de cette expo pas comme les autres.
Décidément l’amour prend bien des visages, d’un grand critique adopté par les oiseaux chez Combas, de St-Jacques le majeur, cavalier chez Dubréus Lhérisson, haïtien hanté par la culture vaudou, ou animal domestique dans les photos de Chrystie Puertolas et la peinture de Véronique Fis.
BTN
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Photo : © Laure Boin