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Semaine d’art à Avignon pour maintenir le feu sacré jusqu’au 31 octobre

26 Oct 2020 | Spectacles vivants, Théâtre, Vaucluse

Après l’annulation du festival d’Avignon et malgré un contexte tendu en raison des mesures de couvre-feu, une Semaine d’art a lieu dans la cité des Papes jusqu’au 31 octobre, renouant avec les origines de la manifestation. Une sélection des spectacles prévus l’été dernier y est présentée.

Quand le Festival ne portait pas encore le nom de « Festival d’Avignon » il s’appelait en effet « Une Semaine d’art en Avignon » comme l’avait baptisée son créateur Jean Vilar. C’est Jean Bellorini, directeur depuis janvier 2020 du Théâtre National Populaire de Villeurbanne, qui a ouvert cette Semaine particulière destinée à maintenir vivace la flamme des festivaliers, tout en présentant quelques œuvres de la programmation de l’été 2020 qui n’ont pu être jouées en juillet.

Les trompettes de Maurice Jarre ont donc retenti en plein automne pour introduire « Le jeu des ombres » inspiré par le mythe d’Orphée et d’Eurydice auquel l’auteur Valère Novarina apporte toute la puissance d’une langue à nulle autre pareille. Un Novarina qui se revendique « doué d’ignorance » et qui voudrait l’offrir à « ceux qui en savent trop », même si ces derneers ne savent parfois que faire de ce cadeau, bousculés qu’ils sont par le feu d’artifice d’un lexique débridé qui s’affranchit allègrement de toute norme linguistique. Du conflit des mots, à en perdre le sens et l’essence, naît la dramaturgie de ce « Jeu des ombres », gagné parfois par une certaine obscurité, tant il arrive qu’on se heurte par moments à une infranchissable muraille de signes, mais par ailleurs traversé de fulgurances au cours de séquences d’une grande beauté visuelle.

Ceci pour le texte, joué sur fond de musique Monteverdienne, l’Orfeo aussi sobrement que magnifiquement interprété par quatre musiciens et deux chanteuses sur la scène de la Fabrica, lieu privilégié des créations du directeur du festival d’Avignon Olivier Py. Musiciens et acteurs vont et viennent sur le grand plateau dépouillé, au gré des pérégrinations de ce qui ressemble à un campement nomade hébergeant la quête désespérée d’Orphée pour sauver Eurydice de son néant. Présente dans toutes les créations théâtrales de Jean Bellorini, la musique n’est pas ici une simple illustration. Elle entretient un dialogue permanent avec le texte et le jeu des acteurs et participe activement à la puissance onirique de l’œuvre.

Dansons au bord de l’abîme, c’est aussi ce que semble vouloir dire ce spectacle sur l’amour et la mort, l’humain et la quête d’immortalité. Ce qui en fait peut-être sa terrible contemporanéité.

Luis Armengol

« Le jeu des ombres » de Valère Novarina, mis en scène par Jean Bellorini. La Fabrica à Avignon jusqu’au 30 octobre à 17h30. Le Jeu des Ombres – Jean Bellorini © Christophe Raynaud de Lage

Plus d’informations : festival-avignon.com

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