Jusqu’au 30 août, l’espace Arts et rencontres Roger. Broncy de Port-la-Nouvelle présente cette collective intitulée Nos Natures, initiée par trois artistes venus d’Amérique et sollicitant quatre bien installés dans notre région.
Pour les premiers, Michael Kukla est essentiellement sculpteur. Il aime les formes organiques rivalisant avec l’architecture orthonormée. Pour cette occasion, il a réalisé d’abord un Nuage en forme de ruban posé sur trépied et une structure souple qui forme comme un dessin dans l’espace en utilisant deux matériaux inattendus et récupérés : cagettes de bois et collants en nylon, pour leur qualité de transparence. Sa forme aérée rivalise en légèreté avec les multitudes de rubans adhésifs que Marietta Hoferer colle et assemble dans des compositions rigoureuses qui jouent avec la lumière et se modifient en fonction des déplacements. Le matériau est simple, relevant de la technologie holographique, mais le résultat d’une grande subtilité visuelle, l’artiste explorant les ressources de la géométrie.
Ilene Sunshine renouvelle le thème du luminaire en recyclant un abricotier mort qu’elle suspend et assortit de tubes en plastique ou de fournitures électriques. L’inerte reprend vie. Car il s’agit de s’approprier la nature et la faire nôtre. Elle réalise des compositions faites de brindilles de cordon et de coton d’une grande finesse. Patricia Stheeman occupe la partie murale avec ses Bouts de ciel ou d’autoroute et même Horizon. Elle travaille à l’encre sur papier de soie des paysages saisis en règle générale grâce au portable. C’est une autre manière de faire fonctionner notre rapport au monde extérieur. Elle met l’accent sur la relation du fragment à l’ensemble, métaphore de notre condition humaine. Les personnages sont pourtant absents de ses réalisations sobres et graphiques.
Quant à Alexandre Gilibert, remarquable dessinateur au fusain, il a choisi une vidéo animée où un herbier tend graduellement à s’abstraire à l’instar de ses découpages ou gaufrages sur papier qui jouent avec les limites de nos capacités visuelles. Doris Schläpfer, joue sur l’ambiguïté figure/abstraction avec ses Murmures sur papier ou sur toile de jute. On pense à des nuées d’insectes qui dessinent des formes dans le ciel de la feuille.
Enfin Venice Spescha sait l’art d’occuper l’espace, du lieu ou de la feuille de papier, avec peu de choses, mais rigoureusement construites, et parfois déroutantes. Ici, il s’agit de rayons obliques de fils synthétiques qui partent d’un centre solaire qui semble se décupler sur le sol qu’ils viennent, dessinant une géométrie anamorphique. L’intérêt de l’expo est de voir comment résonnent entre elles les compositions de ce septuor qui aime le vide, la transparence, la légèreté et la lumière.
Plus d’infos : portlanouvelle.fr
Photo : Vue de l’exposition