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Nîmes | Trois artistes réunis dans l’Appart à part jusqu’au 14 décembre

22 Nov 2025 | Arts plastiques, Expos, Gard

S’il est un appart A Part à Nîmes, c’est bien au 53, bis rue Notre Dame qu’il se situe, chez Loïc Potez et Jean-Pierre Chambon, tout vibrant encore de ses expos passées et de son mobilier qui ferait le bonheur de certains antiquaires et gens de goût. Catherine Guilbot y a invité trois artistes qui se complètent assez bien puisque l’un est plutôt axé sur le portrait de groupe, l’autre sur le paysage (et le portrait individuel), le dernier sur une abstraction débridée où les couleurs portent des émotions à moins que ce ne soit l’inverse.

Guillaume Blanchet peint des paysages, avec une minutie respectueuse et précise, qu’il s’agisse d’étendues lacustres, de rivages escarpés ou de perspectives vallonnées. Il les prive temporairement de présence humaine ce qui leur octroie un aspect préadamite  d’origine du monde, et nous éloigne du bruit et de fureur ambiantes. Le poète Yves Bonnefoy l’avait bien compris qui célébrait L’arrière pays et s’inquiétait  de la disparition des paysages en peinture. Aucun risque avec Guillaume Blanchet qui nous offre en prime des visions plus ciblées de jardins de la Fontaine ou de remous dans l’eau. A l’inverse, il se focalise sur des portraits  plein cadre et à fond neutre, comme s’il s’agissait de ne pas laisser le regard se distraire de ce qu’on lui propose. Encore une façon de se démarquer de nos habitudes déconcentrées qui rythment notre quotidien, numérique ou passant. Il s’agit sans doute de conserver un moment de grâce ou d’intimité, en quelque sorte une mémoire, thème qui traverse aussi la production de ses deux comparses.

Fabien Déplanque aime à disposer ses toiles en polyptyques décalés. Ses tableaux frappent par leur indécision calculée. On a l’impression que des images émergent en surface d’un halo de souvenirs oubliés. Il peut s’agir de scènes dramatiques dont certaines urbaines, de l’inquiétante étrangeté des ombres bleues sur fond rougeoyant dans une  atmosphère électrique, du mystérieux rituel de l’ange en triptyque suivi de l’homme et de la femme comme chassés du paradis terrestre.  Son travail relève lui aussi de l’exploration d’une mémoire qui emprunte aux signes que fait le réel, de violence comme d’apaisement. En ce sens Fabien Déplanque remodèle le réel de manière subjective et sans doute poétique.

Enfin Alain Boyer s’intéresse à la peinture dans sa matérialité, l’épaisseur de ses couches et la multiplicité des formes libres et couleurs à portée de mains. Ainsi chaque peinture propose-t-elle sa propre mémoire, celle de la matière que le peintre enrichit de collages et inclusions, sans renier les effets du dripping et de toutes les manières frénétiques d’expression possibles. Contrairement, aux deux autres, il ne se concentre pas sur un motif mais produit des toiles dans un processus continu, incessant que l’on peut dire sans fin. Il s’agit moins de s’abstraire du monde réel que de se mettre à son écoute et de traduire, sur un support, toute l’énergie qu’il nous inflige ou insuffle.

A l’inverse, le livre d’artiste en leporello de Muriel Plantier,  qui vient ajouter sa note féminine au trio des peintres, nous ramène à la fine dentelle de la fragilité humaine, et aussi à un artisanat d’art ancestral, assortie de poèmes tout aussi légers et aériens.

C’est jusqu’au 14 décembre, du vendredi au lundi, ou sur rendez-vous : 06 35 53 47 17

BTN

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