La galerie des flâneurs (deux adresses : rue des balances et rue Roucher, dont le propriétaire n’est autre que l’architecte Antoine Garcia-Diaz), invite en octobre le peintre montpelliérain Raphaël Ségura pour une sorte de mini-rétrospective puisque l’on y retrouvera tant ses peintures que ses dessins, ses livres d’artistes ou ses photographies.
Deux séries retiennent l’attention : celle intitulée des Rendez-vous et celle des Poupées. Dans le premier cas, il s’agit de quelque parc, du parvis d’une église ou d’un jardin plus intime. Si la nature y est discrètement présente et si l’architecture est bien au rendez-vous, la personne humaine en est absente. Ces tableaux prennent ainsi une dimension métaphysique d’autant qu’ils laissent une grande place à l’espace, lequel suscite un sentiment intense de vide.
L’espoir demeure pourtant puisque la porte, en point de fuite, demeure ouverte. La seconde réhabilite de vieilles poupées trouvées dans quelque brocante et leur offre une seconde vie. Elles ont quelque chose d’humain et traitent du thème de l’abandon, de la versatilité humaine et aussi de l’ingratitude enfantine, une fois le passage du temps. Contrairement aux Rendez-vous où la couleur s’exprime grâce à la maîtrise technique des crayons, l’atmosphère est sombre, dans des tons bruns de la nostalgie. Elles sont oubliées dans quelque recoin domestique où la lumière n’ose pas pénétrer. Parmi les livres d’artistes, James Sacré ou Jean Joubert méritent d’être relevés.
BTN
Photo : J-M Saulnier