Cette agence dynamique, A+ Art, multiplie les expos temporaires sous la houlette du peintre nîmois Pierre Bendine-Boucar. Pour l’été, deux artistes assez différents nous sont proposés. Un homme et une femme, tous deux préoccupés par les effets surprenants que suscite la peinture et fascinés par l’émergence, sur la surface peinte, de phénomènes sensibles plus ou moins prévisibles.
Pour Claire Colin-Collin, il s’agit de traquer l’accident qui fera sens dans une longue ascension des couleurs vers la surface ; de s’étonner face à ce qui est rendu visible et partager cet étonnement. Elle évolue donc dans l’abstraction, que l’on pourrait qualifier de gestuelle et atmosphérique. Claire Colin-Collin fait partie de ces peintres dont la pratique se veut exigeante et respectueuse de ses enjeux. Son motif, c’est la peinture elle-même, telle qu’elle accepte de se laisser découvrir, créant continuellement la surprise, d’autant que chaque tableau est unique et inédit.
Laurent Galland n’est guère un inconnu, puisque diplômé des Beaux-Arts de Montpellier et qu’il a codirigé une galerie. Son propos passe davantage par la construction d’une trame produite grâce à la multiplication des lignes sur la surface, qui finissent par proposer des effets optiques en mouvement. Il recourt à des caches réguliers, couverts de couleurs primaires, qu’il arrache comme un Polaroïd, découvrant ce qu’il a dé-peint autant que peint.
On n’est pourtant pas dans la rigidité du minimalisme. Les couleurs iridescentes, qui tranchent avec le fond noir, la grande variété de disposition, par répétition, diffraction ou dissymétrie, suscitent des effets de rythme inattendus, extrêmement plastiques, aussi bien dans le croisement des lignes que dans l’émergence des nuances colorées. Deux expériences à contre-courant du grand retour à la figure.
BTN
Plus d’infos : ateliers-aplus.com
Photo : Laurent Galland, A+ Art