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La Grande Motte | Du 5 juillet au 17 août, l’artiste Robert Combas présente une exposition évènement à l’espace Michèle Goalard

27 Juin 2025 | Arts plastiques, Expos, Hérault, Les interviews

Depuis l’an dernier, Robert Combas est associé au 50ᵉ anniversaire de Ville de La Grande Motte. Tout d’abord avec la réalisation par l’artiste de quatre visuels pour l’affiche officielle de cet anniversaire, puis se sont succédés l’été dernier, un concert de son groupe « Les Sans Pattes » et un magnifique mapping vidéo projeté sur la façade du Palais des Congrès.
Cette belle collaboration se conclut de la plus belle des manières cet été avec une exposition d’œuvres originales sélectionnées par l’artiste comprenant : des toiles, des sculptures et du mobilier rarement montrés en public. Un événement majuscule pour la station balnéaire et pour le plus grand bonheur de ses nombreux visiteurs en cette période estivale.

CONVERSATION AVEC ROBERT COMBAS

« Je suis un touche-à-tout, ma présence à La Grande Motte en est la démonstration. »

Après un mapping et un concert, Robert Combas est de retour à La Grande Motte pour une exposition originale

Après un mapping et un concert l’été dernier, cette exposition constitue le troisième et dernier volet de votre présence à La Grande Motte. Comment se présente t-elle et comment l’avez-vous imaginée ?

Je suis un touche-à-tout, tout peut être source de création. Ma présence à La Grande Motte en est la démonstration. Après la fresque lumineuse, le concert des Sans Pattes, l’exposition présentera des tableaux anciens ou récents et d’autres créés pour l’occasion, mais également des tableaux-objets, des sculptures, du mobilier.

Vous avez créé quatre visuels pour les 50 ans de La Grande Motte, où l’on retrouve la nature, l’architecture, la mer, et ce personnage hybride qui revient à chaque fois. Comment les avez-vous pensés ?

Je ne sais pas trop expliquer. Ces visuels synthétisent ce que je pouvais retranscrire de mes perceptions de La Grande Motte dans un petit format, alors j’en ai fait quatre. La Grande Motte est à la fois la marque d’une époque, les années 70, elle incarne une pensée et une audace artistique exemplaires. La construction s’est faite avec la pensée de la présence de la Nature, de l’architecture. La Grande Motte porte une pensée symbolique et un désir d’harmonie avec les éléments. Le personnage des affiches, on imagine qu’il sait nager, marcher, voler, danser. Que c’est un être libre.

L’affiche officielle créée par Robert Combas à l’occasion des 50 ans de La Grande Motte déclinée également en sérigraphie

Vous avez accepté cette invitation aussi parce qu’elle permettait de rendre votre art accessible à tous, avec trois événements gratuits. Même avec le succès, avez-vous toujours voulu que votre art demeure populaire ?

Dans le milieu de l’art contemporain, on me reproche d’être trop populaire. Si je le suis vraiment c’est une fierté. Je sais d’où je viens : d’un milieu populaire, mais d’une famille qui croyait à la culture. Je ne suis pas un pédagogue, mais je communique, par le biais de mes peintures, des émotions, des sensations, des histoires d’être humain. Et les gens doivent se retrouver. Je mets toute mon énergie dans mon travail. J’ai tout donné à ma peinture. J’ai beaucoup travaillé, et j’espère un peu d’éternité par ma peinture.

La Méditerranée a souvent été une source d’inspiration dans votre œuvre, est-ce qu’après avoir œuvré dans plusieurs endroits, votre installation et vos projets à Sète étaient comme un retour nécessaire, proche de cette mer qui vous est si chère ?

À Sète, il y a les gens de la mer et ceux qui restent sur la terre. Je sais à peine nager, la mer je la vois, je la sens, mais je ne m’y suis jamais aventuré. Mais oui, je suis du sud, j’ai toujours gardé mon accent, ma peinture est née de cette lumière du sud, du langage coloré des sétois pêcheurs, dockers, figures de Sète. Je dis souvent que si j’étais né à Lille, je serais mort. Car à Sète, même si on n’avait pas un rond, pas de perspective, on ne pensait pas à se suicider. La lumière me donne de l’optimisme. Il y a pourtant dans ma peinture un côté tragique. J’ai beaucoup peint le sujet des batailles, des conflits, de la violence… mais la couleur dans ma peinture fait qu’on perçoit d’abord l’énergie et la vitalité.

Est-ce que l’on peut dire que la mer sera l’un des éléments importants dans les œuvres présentées à La Grande Motte ?

Oui, il y a le ciel, le soleil et la mer… et les tempêtes !

Sète 2025, Robert Combas, technique mixte sur toile

Pour cette exposition, vous présentez des toiles (certaines inédites) mais pas seulement puisque vous allez aussi montrer des sculptures et des pièces de mobilier. Comment s’est fait ce choix ?

Avec mon épouse Geneviève et Kristell, notre collaboratrice, nous avons fait un choix d’œuvres qui ont pour inspiration le Sud, j’ai peint six tableaux spécialement pour cette exposition. Cinq sont des marines. Mais, ce n’est pas toujours une mer calme et idyllique… La guerre n’est jamais loin, on ne peut pas l’oublier. Certains éléments du mobilier que j’ai créé avec mon ami Jean-Claude Maillard, qui dirige l’entreprise Figeac Aéro, peuvent faire penser aux formes de La Grande Motte ainsi que deux grands Totems qui pourraient être repris sous forme de réalisations architecturales dans la ville si on me le proposait…

Recueilli par Stéphane Jurand

Plus d’infos : lagrandemotte.fr

Photo à la une : TEMPÊTE PLEIN LA TÊTE, RYTHMES ENDIABLÉS. ÇA MONTE ET ÇA DESCEND SANS INTERRUPTION JUSQU’À CE QUE ÇA S’ARRÊTE, Robert Combas, 2025

Robert Combas photographié par Philipp Hugues Bonan, 1993

L’exposition photo à voir en parallèle !

ROBERT COMBAS PAR PHILIPP HUGUES BONAN

Du 10 juillet au 15 septembre à l’Hôtel La Plage, La Grande Motte

Redoutable photographe au talent sans limites, Philipp Hugues Bonan (PHB) a réalisé un travail exceptionnel autour de Robert Combas pendant de nombreuses années. Une complicité rare entre un artiste (dans l’intimité de son atelier) et un photographe que retrace cette exposition présentée à l’Hôtel La Plage à La Grande Motte.

Les photos présentées à l’occasion de cette exposition grand-mottoise sont, pour PHB, une façon de rendre hommage à Robert Combas. Et pour le public, l’occasion d’aller à la rencontre d’un photographe qui embarque dans l’univers unique d’un Robert Combas que l’on découvre avec beaucoup de délectation.

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