La carte postale et Valérie Mréjen, c’est une toute une histoire ! D’abord parce qu’ainsi que le dit le titre de l’une de ses expositions : Je collectionne les cartes postales, ensuite parce que les images dans son œuvre semblent en quête d’histoires, titre d’une autre. Enfin parce qu’à l’aube de sa riche carrière de vidéaste et d’écrivain portée sur l’autofiction, il lui est arrivé de confectionner, au dos des fameuses cartes inspirées de séjours hôteliers, des messages succincts, découpés dans l’annuaire à partir des noms propres qui lui inspiraient, souvent avec humour, une amorce de fiction selon l’humeur (Trou Perdu, Gens Cons, Bled Hideux, Mortel).
Eh oui. Il y en a qui ont de drôles de noms ! Encore fallait-il avoir l’idée de les réunir dans une suite cohérente. Un travail Recto/Verso déjà, titre retenu pour cette escale audoise. Trente ans après ses débuts, la carte postale, accédant par les choix électifs de l’artiste, par des modifications de formats, par des interventions subjectives à la gouache et par les rapprochements qu’elle leur fait subir dans la stratégie de l’accrochage, au statut d’œuvre d’art, nous montre sa tentative de refaire « le monde tel qu’il n’est pas ».
On en a la preuve avec des vues aériennes du village de Bages et de sa lagune, façon comme une autre de s’approprier un paysage et de le restituer à la vue spécifique des visiteurs en lui attribuant le statut d’un tableau. Comme quoi tout est susceptible de rejoindre le champ extensible de l’art contemporain, ce dont Valérie Mréjen ne s’est jamais privée en pratiquant l’entretien ciblé autour de rêves, et de souvenirs, des autres en général, des adolescents en particulier.
Car l’adolescence, c’est à jamais la capacité de s’enthousiasmer face à la richesse du réel, parfois de s’inquiéter de ses failles et travers, de douter de lui parfois, si l’on ne s’y sent pas tout à fait à sa place. Que l’art permet de trouver.
BTN
Plus d’infos : maisondesarts-bages.fr