Comme tous les grands artistes, Robert Combas est capable de passer d’un univers à un autre (D’un château, l’autre) sans grandes difficultés ni doutes. Ainsi, après son escale marine et touristique à La Grande Motte, le voit-on, cet automne, s’attaquer en gravures et dessins à l’univers violent, absurde, désespéré de Louis-Ferdinand Céline.
Nul ne niera qu’il y a quelque chose de profondément, et authentiquement, populaire dans la peinture du célèbre sétois, ce qui le met en phase avec l’auteur du Voyage et de Mort à Crédit. Car les fameux manuscrits, perdus dans les années 40, ont été retrouvés et commencent à être publiés grâce aux efforts conjugués d’Antoine Gallimard et de François Gibault, héritier des droits de l’écrivain et grand ami de Dubuffet qu’admire justement Combas. Renaud Vincent a obtenu le privilège de publier, pour ses Editions du Bourdaric (Vallon pont d’Arc), un extrait de Guerre, à partir duquel Combas, dans la perspective d’un livre d’artiste, a réalisé des gravures originales.
Elles seront présentées en la galerie Métamorphose d’Aubenas, en Ardèche, jusqu’au 30 novembre, en même temps que l’ouvrage, et seront accompagnées d’une série de dessins sur le même thème. Juste en face du château ce qui convient comme un gant à l’auteur controversé mais aussi adulé, à juste titre. On imagine sans peine la frénésie, la sauvagerie, tous les aspects dramatiques que Combas a pu tirer de sa lecture célinienne mais aussi l’émotion, la grâce des moments de pause et d’espoir. Combas devient ainsi le seul artiste de son époque à avoir pu travailler sur un inédit de Céline.
BTN
Plus d’infos : galeriemetamorphose.com
Photo : Œuvre de Robert Combas