Le résultat est impressionnant : les sièges peints sur éléments blancs de l’ex-yougoslave Igor Antic donnent du volume aux chaises ordinaires grises sur gris ou orange sur orange, de David Bioulès, devant un Peter Stämpfli fidèle à la géométrie colorée de ses célèbres pneus, ou d’un Gerwald Rockenschaub, dans une tendance néo-géo des années 2000. Le french bulldog en bois, peint par Tursic et Mille, s’accommode parfaitement des bouquets fleuris de Pierre Joseph, lesquels révèlent la simplicité du kitsch quotidien tandis que s’éloignent prudemment les chats de Séchas et que nous frappe l’inquiétante étrangeté d’une éplucheuse de chaussures photographiée par Hesse et Romier. Le grand portrait du grand timonier chinois par Yan Pei-Ming semble imposer la discrétion du noir et blanc aux photographes (Sam Samore) et dessinateurs ou peintres (un crâne géant, de Mounir Fatmi) qui l’entourent… Le penseur métaphysique de Djamel Tatah s’accorde en couleur à la disparition de l’image prônée par Isabelle Cornaro à qui il tourne manifestement le dos… Ailleurs, le niçois Noël Dolla et ses silences de fumée, se marie bien aux chevauchements de Vera Molnár ou aux bouquets plastiques suspendus d’Anita Molinero jouxtant le ventilateur papier Q, de Gabriel Orozco.
250 artistes pour près de 400 œuvres, dont l’incontournable cabane éclatée de Buren et une réalisation inédite de celui-ci. Des stars internationales telles que Yayoi Kusama (et son obsession des points blancs sur fond rouge) qui vient de disparaître, Pipilotti Rist (vidéo déjantée d’une performance dansée et chantée), Christian Boltanski et son tiroir à souvenirs, le banc d’Ann Veronica Janssens ou une œuvre-culte de Martin Creed (immersion dans des ballons verts). Mais aussi beaucoup de français de premier plan, qu’ils soient décédés (Soulages, Messagier, Ben, Toni Grand…) ou en pleine activité (Gonzalez-Foerster, Xavier Veilhan, Etienne Bossut et son collier…). Qu’ils vivent dans notre région (Viallat, Di Rosa et la benjamine Mimosa Echard, Armelle Caron, Joa Mogarra, les regrettés François Lagarde ou Jeanne Gérardin) ou pas (les tulipes de Carole Benzaken, les sculptures en tableau de Farah Atassi), qu’ils (elles) pratiquent la peinture et ses flous (Nina Childress) ou le dessin et ses légendes (Crumb), la photo documentaire (Depardon) ou la gravure (Cyprien Gaillard), voire un certain type de bricolage qui s’apparente à la sculpture (JM Andrieu, Atelier Van Lieshout).
On ne peut évidemment citer tout le monde mais on sait à quel point les collections du Mrac et de nos deux Frac sont riches d’œuvres diverses qui couvrent plusieurs générations qui ne demandent qu’à s’assembler. Pour fêter en l’occurrence un copieux anniversaire. Avec des œuvres qui démarrent en 1968, noblesse du calendrier, disait Léo Ferré.
BTN
Plus d’infos : mrac.laregion.fr
Photo : « Stop The Machine ! » De l’IA, de A à Z, de 1968 à aujourd’hui, de 4000 à 400 œuvres… », exposition anniversaire des 20 ans du Mrac Occitanie, Sérignan, 2026. Simulation 3D, La Société Molle © Jean-Baptiste Lepeltier












