Sélectionner une page

Sète : encore quelques semaines pour voir « E-artistes » au Réservoir

2 Déc 2020 | Arts plastiques, Expos, Hérault

Il reste quelques jours, au moins jusqu’au mois de janvier, pour visiter, à Sète, l’expo E-artistes, à savoir seize des femmes artistes habitant ici (Sète, Montpellier, Nîmes etc.) et originaires d’ailleurs (Grande Bretagne, Maroc, Pologne, Norvège, Allemagne, Suisse…), que j’ai eu le bonheur de co-organiser avec l’amicale complicité de Clémence Boisanté.

Comme l’accrochage ne m’incombait pas, je puis affirmer, sans parti-pris, que je le trouve réussi. Il est divisé en cinq parties : tout d’abord l’entrée proprement dite, occupée par une toile romaine assortie de deux objets satellites de la Marocaine Nissrine Seffar, sur une cloison derrière laquelle ont pris place des portraits en noir et blanc, très estompés, fantomatiques, d’Elsa Ohana. Le vestibule concentre bon nombre des œuvres les plus marquantes de cette expo : au sol, les pavillons métalliques de Vanessa Notley qui nous parlent de communication, non sans humour. Couvrant tout un pan de mur, le tirage de langue d’Agnès Rosse qui peut s’adresser à qui l’on veut, à la suprématie virile en art notamment. Nissrine Seffar y a renouvelé son initiative initiale en triptyque.

Au mur, des dessins empruntés aux écosystèmes de la toute jeune Chloé Viton (cf. La Panacée), artiste bien de son temps, et aux arbres à médicaments, dans cette période, anxiogène, très portée sur les addictions, de Jeanne Susplugas (cf. Musée Fabre). S’y ajoutent des graphismes fantastiques, empruntés à un monde merveilleux, d’Agathe David, monde vers lequel on aimerait s’évader ; et les signes affirmatifs (d’une identité féminine ?), abstraits mais décisifs d’Emma Godebska.

La troisième salle est la plus vaste et les artistes y déploient toute leur singularité, notamment en peinture : l’univers quelque peu onirique, indécis, d’Estelle Contamin, qui revisite l’enfance et ses jardins perdus ; les paysages rigoureux et les marines portuaires (nous sommes à Sète) de la Britannique Mélanie Bide ; deux toiles expressionnistes, des sortes de paysages, bien dans l’esprit germanique, mystérieux et floutés, de Nadia Lichtig ; les figures longilignes, les compositions très matissiennes, aux couleurs vives, de Valérie Crausaz et les portraits criant de vérité que la singulière insulaire, Claudie Dadu tire, au trait, de ses longs cheveux arrachés. Margaux Fontaine aligne une série de médaillons, sortes de masques hétéroclites et bigarrés, exotiques, surinformés, déclinés de son visage très dans le style customisé/tatoué qui s’est infiltré dans l’art.

Une quatrième salle réunit essentiellement des dessins d’animaux entravés de Vanessa Notley, des œuvres d’Emma Godebska, les cabanes exilées, portes et portraits à l’encre, de confinement, d’Anna Novika Sobierajski. Enfin le couloir qui reconduit à la sortie nous confronte aux collages graphiques et aux grandes peintures animalières de la norvégienne, engagée, Oddjborg Reinton, puis d’une toile très offensive et bien dans l’esprit du temps, de Margaux Fontaine, et deux dessins d’Agathe David qui nous ramènent à la signature affirmative d’Emma Godebska.

Dessin, peinture, sculpture, figure, abstraction, sobriété, démesure, on peut trouver dans cette exposition de quoi découvrir la vivacité de la création féminine en la région, même si l’on souhaiterait une suite, car quelques noms manquent à l’appel, qui n’ont pu se libérer pour ce premier volet. Et pas des moindres.

BTN

Plus d’informations : la page Facebook du Réservoir

Crédit photo : Margaux Fontaine

A lire aussi

Aurignac | Le musée de l’Aurignacien ouvre deux expositions temporaires entre archéologie préventive et préhistoire maritime – jusqu’à la fin de l’année

Aurignac | Le musée de l’Aurignacien ouvre deux expositions temporaires entre archéologie préventive et préhistoire maritime – jusqu’à la fin de l’année

Le musée de l'Aurignacien d'Aurignac présente deux nouvelles expositions temporaires : Archéologie préventive, photographies d'un métier, en partenariat avec l'Inrap, jusqu'au 31 décembre, et Des...

Lire

Céret | « Picabia, Méditerranée » explore les avant-gardes du XXᵉ siècle au musée d’art moderne – du 27 juin au 29 novembre

Céret | « Picabia, Méditerranée » explore les avant-gardes du XXᵉ siècle au musée d’art moderne – du 27 juin au 29 novembre

Le musée d'art moderne de Céret présente Picabia, Méditerranée. Picasso, Delaunay, Laurencin…, du 27 juin au 29 novembre 2026, une exposition labellisée « Exposition d'intérêt national »...

Lire

Gaillac | « Portraits d’une abbatiale » : l’abbatiale Saint-Michel, monument et source d’inspiration, à l’honneur au musée des Beaux-arts – du 11 avril au 30 août

Gaillac | « Portraits d’une abbatiale » : l’abbatiale Saint-Michel, monument et source d’inspiration, à l’honneur au musée des Beaux-arts – du 11 avril au 30 août

Le musée des Beaux-Arts de Gaillac présente Portraits d'une abbatiale, représenter Saint-Michel de Gaillac d'hier à aujourd'hui, du 11 avril au 30 août. L'exposition confronte les collections du...

Lire

Montpellier | Hyperactive, trois semaines de concerts, expos et performances au cœur de la Cité Créative de Montpellier – du 6 au 24 mai

Montpellier | Hyperactive, trois semaines de concerts, expos et performances au cœur de la Cité Créative de Montpellier – du 6 au 24 mai

Le Festival Tropisme se transforme et devient Hyperactive, le festival de la Cité Créative. Pendant trois semaines, du 6 au 24 mai, ce quartier montpelliérain en plein essor, ancien site...

Lire