Lancelot, le plus vaillant chevalier de la Table ronde, aime Genièvre, l’épouse du roi Arthus. Quand leur liaison est découverte, c’est tout l’univers de la chevalerie qui vacille : le triangle amoureux précipite la chute d’un monde. Ernest Chausson (1855-1899) a consacré près de dix ans à son unique opéra, dont il a écrit lui-même le livret. Admirateur de Wagner mais soucieux d’affirmer sa propre voix, il transforme la matière arthurienne : là où Tristan exalte la passion, il célèbre la fidélité et l’honneur.
Créé en 1903 à Bruxelles, quatre ans après la mort prématurée du compositeur, Le Roi Arthus déploie une orchestration d’un raffinement extrême, entre transparence impressionniste et densité symphonique. Longtemps méconnu, ce drame lyrique en trois actes s’impose aujourd’hui comme un rare chef-d’œuvre de l’art lyrique français. Il fait son entrée au répertoire du Capitole.
Stéphane Degout, baryton incontournable de la scène française, prend le rôle-titre pour la première fois. Il est entouré de Catherine Hunold (Genièvre), Bror Magnus Tødenes (Lancelot) et Jean-François Lapointe (Merlin), avec Valentin Thill, Damien Gastl et Julien Véronèse, l’Orchestre national du Capitole et le Chœur de l’Opéra national du Capitole.
Le metteur en scène Aurélien Bory et le Capitole ont choisi de redonner vie aux décors d’anciennes productions : il reprend les éléments les plus évocateurs de son Parsifal et de son Château de Barbe-Bleue, suggérant la continuité d’un univers de conte médiéval. Pour lui, Arthus est l’anti-Parsifal, celui qui éprouve la faillibilité de l’idéal. Les représentations ont lieu les 23, 27 et 30 avril, ainsi que les 25 avril et 2 mai 2027 ; l’ouvrage est chanté et surtitré en français et dure 3 h 10, entracte compris.
Plus d’infos : opera.toulouse.fr
Photo : Stéphane Degout © Cédric Roulliat












