C’est l’un des plus grands événements de l’été montpelliérain, et l’un des plus attendus pour le théâtre : le Printemps des Comédiens fête cette année sa 40ᵉ édition. Un anniversaire célébré par un directeur par intérim, Éric Bart, à la suite du départ de Jean Varela après quatorze ans à la tête du festival. Une édition inscrite dans la continuité et l’ADN qui a fait le succès du Printemps avec, en fil rouge, les mots comme boussole artistique, trois grandes voix féminines du théâtre européen, et un ancrage fort dans la création locale.
Trois auteurs traversent le festival dans toute sa largeur. Wajdi Mouawad ouvre le bal avec Europa, mis en scène par Krzysztof Warlikowski : une performance scénique tirée de sa leçon au Collège de France, suivie de l’adaptation du Serment d’Europe. Marion Aubert, autrice montpelliéraine, signe Les Gaulois, création portée par Thomas Blanchard et Olivier Martin-Salvan, qui interroge ce que signifie être français aujourd’hui. Valère Novarina ferme la trilogie avec Les personnages de la pensée, son œuvre ultime, et L’envers des mots, lecture-spectacle dirigée par Olivier Martin-Salvan.
Le week-end central réunit trois voix féminines majeures, toutes en première en France. Angélica Liddell présente Seppuku, hommage incandescent à Mishima. Emma Dante investit l’amphithéâtre avec Extra moenia, fresque méditerranéenne de vingt personnages. Marina Otero revient avec Ayoub, duo charnel sur fond de colonialisme et d’amour impossible. Au chapiteau bleu, Guillermo Cacace propose Vania, nouvelle exploration intime de Tchekhov. Et Stephan Eicher s’offre un seul en scène mis en scène par François Gremaud.
Un focus dédié à la création en Occitanie est programmé le week-end d’ouverture avec quatre compagnies du territoire : Nicolas Heredia et La Bulle Bleue (On fera mieux la prochaine fois), Julie Benegmos et Marion Coutarel (Et tout est rentré dans le désordre), Hélène Soulié (5 secondes) et Lara Marcou et Marc Vittecoq (Tragédie Démocratie). Parmi les autres temps forts : Stella Maris de Lavaudant d’après Bolaño, Revoir les étoiles de Yaron Lifschitz avec orchestre en direct, Il y avait une forêt dans l’histoire de L’Autre Théâtre, et deux créations de l’ENSAD. Le festival se clôt le 21 juin avec la Fête de la musique au Domaine d’O.
Plus d’infos : printempsdescomediens.com
Photo : © Rosellina Garbo – Extra moenia, Emma Dante












