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Montpellier | Jean Varela, directeur du Printemps des Comédiens : « Le Printemps s’impose cette année comme un festival d’engagement »

13 Mai 2025 | Hérault, Les interviews, Spectacles vivants, Théâtre

Du 30 mai au 13 juin, le Printemps des Comédiens jouera sa 39ᵉ édition sur un ton qui se veut engagé et festif. Jean Varela, directeur artistique de la Cité européenne du théâtre, entité créée suite à l’union du Printemps des Comédiens et de l’établissement public du Domaine d’O, revient sur cette édition de transition, qui conserve son ambition internationale.

Quelle identité se dégage de la programmation cette année ?

Le Printemps des Comédiens s’impose cette année comme un festival d’engagement. Il s’ouvrira sur le spectacle musical d’Alain Platel, Coup Fatal, composé par Fabrizio Cassol et Rodriguez Vangama, qui se promet d’être festif et porteur d’espérance. Les créations de cette édition sont marquées d’un esprit de résistance, d’empathie, de fraternité, que l’on retrouve également dans nos deux propositions de cirque : Hourvari de la compagnie Rasposo et Décrochez-moi-ça de la compagnie Bêtes de Foire. Il ne faut pas oublier le Banquet républicain, mis en scène par Julien Bouffier qui va corroborer le théâtre de service public et les idéaux républicains dans le cadre de la Maison de la Culture provisoire (MA.C. PRO) qui se tiendra au Hangar Théâtre dans une ambiance festive. Ce lieu proposera entre autres la création de Jean-Baptiste Tur, De lumière, qui interrogera notre rapport aux fêtes populaires que sont les férias, ou encore les propositions du Warmup.

Il ne faut pas abandonner les femmes aux petits plateaux, mais leur donner les moyens de déployer leur art dans de grands espaces.

Jean Varela

On retrouve effectivement cette année des spectacles engagés notamment sur la question du féminisme, que ce soit dans La guerre n’a pas un visage de femme, dans Centroamérica ou dans Sexual Theatre

Oui, il y a effectivement cette réflexion sur la place de la femme dans la société. On retrouve notamment la création de Julie Deliquet sur grand plateau, témoignage extraordinaire sur les femmes combattantes durant l’Union soviétique. Il y a aussi Lou Chauvain avec Sous les paupières, metteuse en scène très singulière qu’il faut suivre et que l’on accompagne depuis plusieurs années. Vous l’avez dit, on retrouve Centroamérica de Luisa Pardo et Lázaro Gabino Rodríguez, ou encore Les bijoux de pacotille de Pauline Bureau. Ce Printemps est vraiment une invitation faite aux femmes. Il ne faut pas les abandonner aux petits plateaux, mais leur donner les moyens de déployer leur art dans de grands espaces. Ce processus prend du temps, mais c’est un mouvement entamé depuis plusieurs années et que l’on va poursuivre sur les saisons suivantes.

Centroamérica© Ulises Ávila

Musée Duras de Julien Gosselin explore l’œuvre de Marguerite Duras sur le temps long, plus de dix heures de performance, que pouvons-nous attendre de cette création ?

Julien Gosselin nous plonge là dans un format de dix heures, avec des sessions de deux heures, qui explorent dans un art total l’œuvre de Marguerite Duras. On peut rentrer, sortir, rester le temps que l’on veut dans un théâtre Jean-Claude Carrière complètement remodelé pour l’occasion. C’est vraiment ce sentiment qu’on rentre en festival, que le temps de la vie quotidienne est suspendu, laissé au portail du Domaine d’O. Dans un moment où les spectateurs sont peut-être un peu formatés par la durée des séries qu’ils peuvent regarder, tout à coup offrir une œuvre océan comme celle-ci requestionne notre rapport au temps et à l’art.

“Offrir une œuvre océan comme celle-ci requestionne notre rapport au temps et à l’art.”

Jean Varela

De nombreux partenariats internationaux sont aussi au programme, pouvez-vous dire un mot sur la première française inédite de Faustus in Africa! ?

Il s’agit de la recréation d’un spectacle mythique qui voit deux forces artistiques majeures se retrouver, la Handspring Puppet Company, l’une des plus grandes compagnies de marionnettes au monde, et William Kentridge, à la fois vidéaste, metteur en scène et plasticien. Ce spectacle sera l’occasion pour certains de découvrir l’art majeur de la marionnette, qui permet toutes sortes de libertés : d’être à la fois dans le discours politique, dans le subversif, dans l’humour, dans la poésie.

 

Faustus in Africa!© Fiona MacPherson

Cette année, le festival ne se clôture pas sur la traditionnelle Fête de la musique, y’a t-il une raison particulière à cela ?

Cette année est une année de transition au Domaine d’O qui voit la création de cette Cité Européenne du théâtre par l’union du Printemps des Comédiens et de l’établissement public géré par le Domaine d’O. Cela nous a demandé certains ajustements : c’est une très lourde fusion administrative et financière. Nous avons dû opérer certains choix, notamment celui d’annuler la Fête de la Musique, mais le festival garde toute son ambition.

Recueilli par Eva Gosselin et Laura Julien

Tous les spectacles

  • Les 30, 31 mai, 1ᵉʳ juin : Coup Fatal, par le chorégraphe Alain Platel, le saxophoniste Fabrizio Cassol, et le guitariste et chef d’orchestre Rodriguez Vangama.
  • Les 30, 31 mai, 1ᵉʳ juin : La guerre n’a pas un visage de femme, d’après Svetlana Alexievitch, mise en scène Julie Deliquet.
  • Les 30, 31 mai, 1ᵉʳ, 5, 6, 7 juin : Monde nouveau, de Nathalie Garraud et Olivier Saccomano. 
  • Les 30, 31 mai, 1ᵉʳ, 3, 4, 5, 6, 7, 8 juin : Décrochez-moi-ça, par Bêtes de foire.
  • Les 3 et 4 juin : Sous les paupières, Lou Chauvain. 
  • Les 4, 5, 6, 7 juin : Chicane à l’horizon, Martin Jouan et le collectif du CADC Balthazar.
  • Le 5 juin : Banquet républicain, proposition de Julien Bouffier. 
  • Les 5 et 6 juin : Centroamérica, Luisa Pardo et Lázaro Gabino Rodríguez.
  • Les 5, 6, 7 juin : Faustus in Africa! William Kentridge et la Handspring Puppet Company.
  • Les 6, 7, 8 juin : De lumière, de Azilys Tanneau, mise en scène de Jean-Baptiste Tur. 
  • Les 7 et 8 juin : Musée Duras, d’après Marguerite Duras, mise en scène Julien Gosselin. 
  • Les 7, 8, 9 juin : Les Chants du cygne, Brigitte Négro et Caroline Cano.
  • Les 7, 8, 11, 12, 13 juin : Hourvari, Marie Molliens.
  • Les 7 et 8 juin, au Domaine d’O et les 3, 4, 5, 6 juin en tournée dans la métropole : Molière et ses masques, Simon Falguières.
  • Les 8, 10, 11 juin : Sexual Theatre, a feminist reading of classics.
  • 10 juin : Printemps des Collégiens
  • Les 10, 11 juin : La Nuit pour voir, Quentin Vigier, d’après les textes d’Anne Dufourmantelle.
  • Les 11, 12 juin : Les bijoux de pacotille de Céline Milliat-Baumgartner, mise en scène Pauline Bureau. 

Dans le cadre du Warmup :

  • Les 3 et 4 juin : Nostalgie du réconfort, mise en scène Matthieu Dandreau.
  • Les 3 et 4 juin : L’Ombre, Autopsie d’un corps technique, mise en scène Manon Petitpretz. 

 

Plus d’infos : printempsdescomediens.com

Photo à la une : Jean Varela © Marc Ginot

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