Sélectionner une page

Montpellier | Au Carré Sainte-Anne, Jaume Plensa invite au silence et à la méditation – jusqu’en novembre

12 Juin 2026 | Arts plastiques

Le sculpteur catalan Jaume Plensa investit le Carré Sainte-Anne de Montpellier avec Les Invisibles, deux visages géants de maillage métallique dressés de part et d’autre de la nef, en dialogue avec des gisants d’albâtre et des têtes de bois vers le chœur. Jusqu’au 1ᵉʳ novembre.

L’église Sainte-Anne, aujourd’hui désaffectée, est le point culminant de l’ancienne ville et de ce que l’on nomme communément l’Écusson, quand on se soucie quelque peu de l’histoire de sa ville. L’élévation inspire la spiritualité et, en l’occurrence, l’interruption des guerres civiles et fratricides ancestrales. C’est dans ce lieu hautement symbolique que le sculpteur catalan partant méditerranéen catalan Jaume Plensa (cf. Musée de Céret), a érigé ses deux visages géants baptisés Les Invisibles, de part et d’autre de la nef centrale.

Constitués de maillages de métal, ils jouent, comme l’écriture, sur une dualité Pleins-vides (ou déliés), le plein révélant le vide comme le visible l’invisible. Construites à la mesure imposante du lieu d’accueil, ses têtes se font face et incitent au silence, voire à la méditation, au recueillement ainsi que le supposent les doigts sur les lèvres et les yeux fermés. Il s’agit d’inviter au silence ou si l’on préfère, entre les deux sculptures, de se livrer, tiers attendu, à une conversation muette. Il n’est que trop de sons, de violences et de mots d’ordre en dehors de l’enceinte de l’église. On y a droit d’asile comme aux temps immémoriaux. Les visages sont choisis en fonction de leur caractère apaisant certes mais également en vertu d’une certaine beauté classique qui s’ancre dans la culture méditerranéenne. Le gigantisme peut tout aussi bien renvoyer à Rabelais, qui a longtemps habité la ville, le grotesque et le burlesque en moins, la finesse en plus. Après tout le bon François défendait des idées humanistes lui aussi et était pénétré de culture antique.

La transparence allège de toute façon la sculpture, laquelle n’écrase pas le lieu mais au contraire s’y dépose comme en un écrin et joue comme un filtre à mauvaises ondes. Vers le chœur, l’artiste a choisi de déposer trois sculptures de bois, toujours figurant des têtes mais de bien plus modestes dimensions et amincies à l’extrême, à l’instar de traditions primitives. Elles semblent participer à la prière muette de l’Espérance, la plus universellement partagée : la paix et ses corollaires : tranquillité, sérénité, sécurité et bien évidemment beauté prise en charge par l’Art. De part et d’autres de la nef sont installés également des gisants d’albâtre, des êtres qui dorment du paisible sommeil du juste. Les mains croisées sur la poitrine nous rappellent notre sort commun, à accepter sans vanité et qui incitent au contraire à plus de modération. Chacun sait que la vie est un songe. Pour Jaume Plensa : Un mirage.

BTN

Plus d’infos : montpellier.fr
Photo : ©Ludovic Séverac/Montpellier3M

A lire aussi

Céret | «Dimanche Matin»: au Centre Lumière d’Encre, Txema Salvans expose dix ans de photographie prises sur le même parking — Du 4 juillet au 27 septembre

Céret | «Dimanche Matin»: au Centre Lumière d’Encre, Txema Salvans expose dix ans de photographie prises sur le même parking — Du 4 juillet au 27 septembre

À la chambre photographique, Txema Salvans photographie des scènes du quotidien dans des lieux en marge du territoire urbain. L'exposition Dimanche matin, visible du 4 juillet au 27 septembre au...

Lire

Montpellier | Le photographe montpelliérain Dr Speed présente à Pierresvives l’exposition «Morphose Urbaine» — Jusqu’au 25 juillet

Montpellier | Le photographe montpelliérain Dr Speed présente à Pierresvives l’exposition «Morphose Urbaine» — Jusqu’au 25 juillet

À l’Espace balcon du Domaine départemental de Pierresvives, le photographe Dr Speed, originaire de Montpellier, propose une exposition à travers son regard unique sur l’environnement urbain....

Lire

Montpellier | Centre d’art Mille formes : une programmation estivale entièrement gratuite pour les enfants de 0 à 6 ans — Jusqu’au 16 août

Montpellier | Centre d’art Mille formes : une programmation estivale entièrement gratuite pour les enfants de 0 à 6 ans — Jusqu’au 16 août

Ouvert depuis ce mois de février, le centre d’initiation à l’art Mille formes propose, pour son premier été, un programme marqué par la discipline du cirque. Jusqu’au 16 août, les plus jeunes...

Lire

Montpellier | «Premières fois / Premières photos» : une exposition à travers deux siècles de l’histoire de la photographie au Pavillon Populaire — Du 1er juillet au 1er novembre

Montpellier | «Premières fois / Premières photos» : une exposition à travers deux siècles de l’histoire de la photographie au Pavillon Populaire — Du 1er juillet au 1er novembre

Premières fois / Premières photos marque la première exposition de cette année au Pavillon Populaire, mais aussi la première exposition sous le commissariat de Luce Lebart en tant que directrice...

Lire