L’œuvre de la germano-américaine Kiki Smith place le corps au centre et à la base de ses préoccupations primordiales. Sans doute a-t-on quelque peu tendance à l’oublier tellement il nous semble naturel qu’il accompagne en permanence notre être au monde. Les trois étages lui seront consacrés, ce qui permettra de mieux apprécier les aspects divers que prend pour l’artiste la forme corporelle, et la diversité des supports qu’elle (l’artiste) s’autorise.
La sculpture, et plus particulièrement le bronze (Dark water, sorte d’allégorie de la féminine fontaine), le volume mural (Spiral Nebula, réalisée en aluminium), la porcelaine (Woman and bear), la tapisserie (Earth, avec Eve et le serpent), l’encre sur papier (Girls with wood), la linogravure (How I know I’m here… longue fresque organique en noir et blanc), la photo (le pied, sans titre), l’impression numérique (Evening star, ou le vol de l’oiseau nocturne) et même un peu de couleur sur papier de soie (Mammary, ou des seins en forme d’étoiles).
Plus de 100 œuvres s’étalant sur 40 années et suivant un parcours clair, perturbé par une volonté de casser les normes et jouer la surprise. Un corps « social » nous accueille avant de nous plonger dans la thématique corporelle de façon encore discrète et anonyme. On se rend compte très vite de l’intérêt que l’artiste porte à la problématique posée par le fragment (Silver vein arm) qu’elle décline en sculptures, dessins ou photos. Ensuite c’est l’aspect animal du corps et ses rapports avec la nature qui occuperont tout un niveau avant que l’expo ne se termine par l’ouverture au spirituel, avec entre autres, la présence du cosmos et des éléments stellaires. Car la particularité du corps en sa finitude, c’est qu’il se sustente de grands espaces infinis, et de ce que l’on veut bien y placer.
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Photo : Black Madonna, 1992 — Collection Fondation Villa Datris © Kiki Smith












