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Entretien avec Christian Fabrice, directeur et co-fondateur du Théâtre La Chocolaterie de Saint-Jean-Védas

24 Juin 2024 | Hérault, Les interviews, Spectacles vivants, Théâtre

L’objectif, c’est que les étudiants soient autonomes en sortant de l’école : savoir monter sa troupe et la gérer.”

À la rentrée prochaine, une école de café-théâtre “Les Pépites” ouvre ses portes ; celle du Théâtre La Chocolaterie à Saint-Jean-de-Védas. Son directeur et co-fondateur, Christian Fabrice, propose une nouvelle offre de formation complète, de l’apprentissage du jeu de comédien à la gestion d’une troupe, et spécialisée dans le café-théâtre. 

Pourquoi avoir créé une école de café-théâtre ? 

Cela fait très longtemps que je fais ce métier. Depuis petit, j’ai baigné dans le milieu. Ma mère est une des co-fondatrices du Café de la Gare, à Paris ; le premier café-théâtre qui a ouvert en France. J’ai passé mon enfance avec Coluche, Romain Bouteille et Patrick Dewaere. À partir de l’âge de 16 ans, je suis devenu comédien. Puis, je suis arrivé en 1983 à Montpellier. Pendant 25 ans, j’ai joué au théâtre de la Cicrane. En 2007, j’ai voulu travailler pour moi. J’ai donc ouvert la première “Choco” dans laquelle on est resté 8 ans. Puis, on a déménagé à Saint-Jean-de-Védas. Après plus de 40 ans de métier, tout le monde m’a dit qu’il serait temps que je transmette. C’est de cette manière que l’école “Les Pépites” a vu le jour.

Quels seront les cours proposés ? 

D’abord, il faut préciser que l’on ne veut absolument pas marcher sur les plates-bandes des autres écoles de théâtre de Montpellier. C’est pour cela que l’on se spécialise dans le café-théâtre en axant essentiellement nos cours sur le burlesque et le comique. Il y aura effectivement des cours de théâtre, mais également des cours de danse, de chant, de gestion du stress avec un psy, d’improvisation et de culture générale. Parallèlement, il y aura aussi des cours de gestion, régie, son, lumière, décor, menuiserie, peinture… Plus globalement, les étudiants seront préparés pour devenir intermittent du spectacle ; un métier qui demande une réelle préparation. Il y aura un maximum de 12 élèves par promotion, ce qui permettra une réelle transmission à travers une formation très complète.

Qu’est-ce que l’école apportera concrètement aux étudiants ? 

L’objectif, c’est que les étudiants soient autonomes en sortant de l’école : savoir monter sa troupe et la gérer. La deuxième année, les élèves auront pour mission d’écrire un spectacle, de le mettre en scène et en fonction de l’aboutissement, la pièce sera programmée l’année suivante à La Chocolaterie. De plus, travailler le café-théâtre, et donc la comédie, est un exercice très différent que celui de faire pleurer ; un exercice plus ardu qui a ses propos codes. Au théâtre, l’acteur est en danger tous les jours. À chaque représentation, il se confronte à la réponse du public. C’est à ce moment-là qu’il peut savoir si sa pièce a fonctionné. Ce que je veux, c’est former des acteurs, et pas des comédiens. La différence, c’est que l’acteur, à chaque représentation, incarne véritablement son rôle. Il ne laisse pas transparaître sa personnalité. C’est cela que je souhaite pour mes futurs étudiants. 

Quels seront les prochains rendez-vous de La Chocolaterie pour les spectateurs ? 

En juillet, plusieurs représentations de la pièce “J’peux pas, j’ai psy” auront lieu. À la rentrée, on a deux spectacles “Qui veut la peau du Dr Lenoir ?” et une pièce que j’ai écrite, il y a quelques années, qui s’appelle “Hôtel Pagaille”. Et puis, en décembre, le public pourra nous retrouver avec la pièce “Le Oiaill”. 

Recueilli par Eva Gosselin et Hortense Louard

Pour plus d’informations : lachocolaterie.org 

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