Peintures, dessins, vidéos et installations se répondent et dialoguent dans un parcours à la fois pertinent, dérangeant et poétique. Une première version de l’exposition avait été présentée en Allemagne et en Iran en 2022. Le vernissage a lieu vendredi 30 octobre, en présence des artistes.
Christ Mattia, née à Sète, a vécu vingt ans au Canada avant de revenir dans le sud de la France. Mémoire, racines, exil et territoire nourrissent son travail, qui mêle peinture, dessin, sculpture, installation et vidéo. Son portfolio comprend notamment Qimmiit, installation de trois cents crânes de chiens de traîneau en céramique enfumée, avec création sonore, qui évoque l’abattage de milliers de chiens inuits au Nunavut entre 1950 et 1970.
Karin Hoerler, née à Francfort-sur-le-Main et installée à Bédarieux, s’appuie sur les archives photographiques de sa famille pour interroger l’histoire de l’Allemagne et la façon dont des gens « normaux » ont pu s’intégrer à un système criminel. Son travail comprend des dessins, dont la série Croix de centrage, le film d’artiste Péril en la demeure (2026) et la performance de lecture Je suis allemande.
Ahmad Rafi, né à Téhéran et installé à Francfort, travaille la mémoire par une peinture illusionniste. Ses installations de livres peints à l’huile sur la couverture, comme Paysage poétique majeur, douze livres anciens de Goethe où figurent des paysages de la guerre en Ukraine d’après des photographies prises en avril 2026, interrogent le rôle des images dans notre perception du réel.
Le vendredi 13 novembre, la conférence de Christel Schirmer s’interrogera sur la mission de l’art face au fracas du monde : peut-il être un vecteur de prise de conscience, un miroir des turbulences actuelles, une force de transformation ? L’exposition reçoit le soutien du Fonds citoyen franco-allemand et de l’association La Fabrique.
Plus d’infos : bedarieux.fr
Photo : © Karin Hoerler












