Diseños habitados remonte aux sources de deux œuvres majeures de la photographie ibérique. Chez Chema Madoz, l’objet précède l’appareil : dans ses carnets, un croissant de lune devient hameçon, une ampoule se rêve en goutte d’eau, bien avant que l’idée ne se fixe sur la pellicule. Chez Helena Almeida, le dessin prolonge la photographie et permet de révéler le corps, dans un va-et-vient incessant entre la feuille et la peau. Avec ces deux artistes, l’image naît avant et après le déclic.
L’exposition, présentée en collaboration avec la Fundació Foto Colectania et commissariée par Pepe Font de Mora, ancien directeur de l’institution barcelonaise, emprunte son titre à Desenho habitado, première série photographique d’Helena Almeida (1934-2018). Elle met en regard cette artiste portugaise et l’Espagnol Chema Madoz, déjà exposé au Château d’Eau en 2000.
En contrepoint, Pierre-Elie de Pibrac présente Hakanai Sonzai, fruit d’une immersion au Japon auprès de rescapés de Fukushima ou « évaporés ». Portraits en chambre photographique, paysages et natures mortes disent, dans une esthétique d’estampe, la fragilité et l’impermanence qui traversent la société nippone comme la condition humaine.
Le titre de l’exposition, qui signifie littéralement « je me sens moi-même une créature éphémère », renvoie au concept japonais de mono no aware, cette sensibilité aiguë à la fragilité et à l’impermanence des choses.
Plus d’infos : chateaudeau.toulouse.fr
Photo : © Helena Almeida – Fundació Foto Colectania












