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Aniane | « Au bord des images », une exposition de Philippe Domergue à la Chapelle des Pénitents jusqu’au 20 avril

11 Mar 2025 | Arts plastiques, Expos, Hérault

Jusqu’au 20 avril, la Chapelle des Pénitents d’Aniane accueille un artiste que l’on voit plus souvent dans le Roussillon que vers la capitale de l’ex-Languedoc-Roussillon : Philippe Domergue (Salses, Rivesaltes, galerie Ligat…). Ce dernier s’est fait connaître par ses travaux photographiques transférés sur des supports inattendus, tels que des planches régulières ou au contraire de vieux portails abandonnés, des fenêtres ayant longuement vécu, ce qui a pour effet de ne pas séparer l’image du réel et de ses matériaux qui nous entourent et auxquels nous ne prêtons guère attention. Aussi maltraités et oubliés que les humains au fond.

L’image s’y subordonne et subit ses irrégularités ou appels du vide. Il a bricolé dernièrement une technique de prise de vue en Oculus qui passe par l’usage du « fish-eye » et qui propose une vision déformée, inédite et spectaculaire de la réalité. En l’occurrence des arbres des environs d’Aniane, après tout pourquoi se priverait-on de mettre en valeur la richesse des paysages entourant le lieu qui vous reçoit ?

En la chapelle, nous sommes ainsi accueillis par des tondi où les arbres semblent déferler en vagues, s’envoler, bref, s’émanciper de leurs racines dans une symphonie de couleurs picturales.  Domergue a tenu compte de la spécificité du lieu en insérant ses images dans les niches et surtout le chœur de la Chapelle. Ainsi, voit-on des images du temps passé ressusciter et révéler des personnages depuis longtemps disparus. Parmi celles-ci, une grande en format carré où couleur et noir et blanc sont mêlés, dans une construction géographique, selon la distance qui nous sépare des événements, anciens ou plus proches.

Il fait également devoir de mémoire en arrachant des bribes d’Histoire au camp de Rivesaltes, ou à une ancienne usine d’Aniane. Mais la pièce la plus spectaculaire se trouve dans le Chœur où une image agrandie de pèlerinage dans les glaciers asiatiques est combinée à des bâtons, ce qui donne à cet exode consenti de la force et du relief.

Par ailleurs, le thème de l’enfermement, auquel l’artiste est sensible, est suggéré par le travail de cadres, rustiques et récupérés, eux aussi, et qui contiennent des images, couleur ou noir et blanc, d’arbres, et d’un autoportrait enfermé. D’imposantes planches de bois sont alignées, le long des murs, soit enveloppées de grillage, soit brûlées, accompagnées d’une discrète vidéo rappelant le feu ravageur. Un arbre déraciné est également mis en scène, avec accompagnement sonore. Parfois, ce sont les nœuds des branches qui sont à la fois pris au piège et sauvés de l’oubli par ces tableaux que l’on peut dire en relief ou naturels, quasi toujours vivants.

Comme on le voit, l’exposition est riche et permet au visiteur de se familiariser avec la production de cet artiste pour qui les thèmes de l’enfermement et du devoir de mémoire s’avèrent cruciaux. Mais aussi de la souffrance humaine, végétale, et de l’espoir d’en sortir.

BTN

Plus d’informations : ville-aniane.com

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