La pivoine, « paeonia » du nom de Péon, dieu guérisseur de l’Antiquité, est au centre de l’exposition. Ses métamorphoses, éphémères et magnifiques, confrontent au cycle naturel des plantes : pousse, bouton, bourgeon, éclosion, vieillissement, graines et renaissance. À travers diverses approches picturales, l’artiste poursuit la traduction de la grâce, de la fragilité et de la transformation de la fleur, et propose au regardeur un moment de plaisir mais aussi un espace de réflexion qui dépasse la simple représentation d’un élément floral.
Ce « Cycle des Pivoines » est composé d’œuvres à l’acrylique sur papier léger. Les bandes de composition déstructurent la plante, entre fleurs et feuilles, et laissent apparaître une vision parfois kaléidoscopique ; certains gros plans indiquent la voie d’une possible abstraction. L’emploi de papiers roulés et modulables évoque un nomadisme possible, et les œuvres, de formats différents, restent évolutives. Le critique Christian Skimao y lit des « pivoines réflexives », qui invitent à dépasser l’apparence des choses pour s’interroger sur le caché de la représentation.
L’exposition présente aussi les « ready-scans », série sans fin dont le nom emprunte aux « ready-made » de Marcel Duchamp. Elle se construit en deux temps : la collecte, puis la numérisation, avec des impressions sur PVC. Les menus éléments ramassés lors de marches méditatives sont autant d’indices du passage de l’être humain, qui fabrique et qui détruit, et ouvrent l’espace à la poésie et à la rêverie. L’artiste cite à ce propos Clément Rosset : « récupérer pièce à pièce les lambeaux du réel en attendant d’être en mesure d’en reconstituer l’étoffe ».
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Photo : DR












