La Chapelle du Tiers-Ordre à Perpignan présente une rétrospective consacrée à trente années d’œuvre gravée d’Elke Daemmrich, à découvrir jusqu’au 8 février.
Les amoureux de la gravure, a fortiori de l’âme allemande et d’Albrecht Durer, notamment telle qu’elle s’est exprimée à Dresde, ne manqueront pas, en la Chapelle du Tiers-ordre, à Perpignan, jusqu’au 8 février, les 30 années rétrospectives de l’œuvre gravée d’Elke Daemmrich.
Celle-ci frappe par la multiplicité et la variété des séries (l’artiste passe allègrement des problèmes raciaux à Cleveland aux Métamorphoses d’Ovide tout en rendant hommage à la tauromachie vénérée par un certain Goya). Mais aussi par l’impression de profusion interne à chaque eau-forte ou burin sur cuivre.
Il faut dire que les sujets choisis s’y prêtent : l’idée d’excès et de gaspillage empruntée à Georges Bataille, les Guerres et conflits qui n’en finissent pas de nourrir l’actualité, la nature méditerranéenne, ses paysages, ses fonds sous-marins, ses activités, la prolifération des Insectes qu’il s’agisse des cigales, de criquets ou des abeilles.
Car Elke Daemmrich fait partie de ces êtres doubles qui ont adopté leur pays d’accueil tout en gardant une attache indélébile avec leurs racines. Ainsi l’artiste a-t-elle consacré une série au très complexe et controversé génie germanique qu’est Richard Wagner, pas seulement à lui sous forme de portraits multiples mais à ses œuvres, L’or du Rhin, La Walkyrie, le personnage de Wotan au moment du Crépuscule des dieux.
La plaque de métal devient une scène où les personnages se combinent en miniature selon un ordre qui ne se veut pas rationnel ni réaliste. Au contraire, on flirte avec l’onirisme, la réalité est réorganisée et tout un monde grouillant est inséré dans un microcosme.
Comme Ovide avec Daphné ou Narcisse, les divers éléments qui composent l’image se mêlent et transforment, passant ainsi du réel à une sorte de surréel qui caractérise le style d’Elke Daemmrich.
BTN
Plus d’infos : mairie-perpignan.fr
Photo : © Elke Daemmrich












