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Nîmes | Avec Lucas Arruda et Ivens Machado, Carré d’art se met à l’heure brésilienne jusqu’au 5 octobre

6 Août 2025 | Arts plastiques, Expos, Gard

Carré d’art s’est mis à l’heure brésilienne. Trois artistes défendent les couleurs de leurs pays, une jeune, un confirmé et un pionnier aujourd’hui décédé.

Lucas Arruda, c’est la preuve paradoxale que la peinture, plus particulièrement figurative, gagnait du terrain sur le plan international tandis qu’on la boudait en France, du côté des Beaux-arts comme dans les lieux officiels. Son succès est d’autant plus étonnant qu’Arruda pratique le très petit format, un genre aussi traditionnel que le paysage, et se tient à distance des discours politisés de notre société. Les plus frappants sont ceux marqués par la ligne d’horizon, laquelle entre en tension avec l’espace du musée donnant l’impression que la peinture fait le vide autour d’elle et dépose le paysage, sur la surface du tableau. Le spectateur est invité à s’approcher pour s’imprégner de la douceur des atmosphères, de leur indécision assumée et de l’unité de ton qui harmonise l’ensemble. À ces visions dépouillées, qui tiennent avant tout par l’impression d’équilibre et par la spiritualité qui s’en dégage, s’ajoutent des jungles imaginaires, qui ne cachent pas leur appartenance aux modèles du désert (Deserto-Modelo). La frontière entre les deux univers est traduite, dans les tableaux, par le passage assez souple de la terre au ciel ou de ce dernier à la mer. Que l’on ne s’y méprenne pas toutefois. La seconde partie de l’exposition pourrait surprendre, voire décevoir les nouveaux gagnants de la peinture triomphante. On quitte la délicatesse du geste, la subtilité de la lumière, la finesse veloutée des couleurs, le caractère atmosphérique du paysage. Une série de diapositives révèle une dimension plus expérimentale, la gravure se faisant directement sur le medium. Ensuite, le visiteur est confronté à une salle épurée, présentant des carrés lumineux, immatériels, imposant la présence du vide. L’importance de la lumière se fait éclatante et l’on accède à une dimension autre. Enfin, la vidéo d’un boxeur, dans le coma en fin de combat, nous laisse sur une note ambiguë. On pense à une déposition christique. L’humain y fait l’expérience des limites.

Changement d’ambiance pour, Ivens Machado dont le travail se rapprochait de l’Arte povera (sculptures faisant appel au charbon ou au béton), ou de l’art corporel en vogue dans les années 60-70 (photos et vidéos de performances). N’oublions pas les années de dictature et de violence qu’elle a engendrées. Ces réalisations ne manquent pourtant pas d’humour, en particulier cette énorme chaussure de femme à talon avec sa langue pendante, ou cette sorte de chaise trop haute avec dossier de verre et montants de tiges en fer.

Au Musée des Beaux-arts, Marina Rheingantz s’inspire de tableaux des Collections afin d’en offrir sa lecture, tout en sensibilité, sur toile abstraite, tantôt chargée de matière colorée, tantôt au contraire plus dépouillée. Le réel semble s’éparpiller sous ses yeux qui n’en retiennent que les sensations colorées.

BTN

Plus d’infos : https://carreartmusee.com

Photo : Untitled (from the deserto-Modelo series), 2022. Huile sur toile, 30 x 37 cm. Photo Everton Ballardin

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