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Albi | Le centre d’art Le Lait rouvre ses portes avec une exposition de Leonor Serrano Rivas ce week-end

14 Mar 2025 | Arts plastiques, Expos, Tarn

À l’occasion de son exposition inaugurale au 5, rue de l’École Normale à Albi, le centre d’art Le Lait invite l’artiste espagnole Leonor Serrano Rivas pour sa première exposition monographique en France. Et, du 14 au 16 mars, c’est tout un week-end de fête et de célébration qui attend le public pour inaugurer les nouveaux locaux du Centre d’art.

Le centre d’art Le Lait, labellisé centre d’art contemporain d’intérêt national par le ministère de la Culture, s’installe dans l’ancienne école Camille Claudel, au 5, rue de l’École Normale à Albi. Depuis trois ans, le centre d’art programme des expositions et des événements « hors les murs » dans le département, en partenariat avec des musées, associations ou collectivités.

Le nouveau lieu, de 550 m², sera doté de quatre salles d’exposition pour découvrir la création d’aujourd’hui. Une salle d’atelier accueillera notamment les groupes scolaires et permettra de pratiquer les arts plastiques. Un espace d’accueil convivial, une terrasse couverte et un jardin ombragé compléteront l’ensemble. Enfin, un logement permettra l’accueil d’artistes : ce sera leur lieu de vie et de travail lors de résidences de recherche ou de création. Le centre d’art Le Lait pourra ainsi développer l’ensemble de ses activités (expositions, ateliers, rencontres, évènements…) tout en continuant à s’investir dans le département.

Une exposition de Leonor Serrano Rivas pour inaugurer les lieux

Le Lait invite l’artiste espagnole Leonor Serrano Rivas pour sa première exposition monographique en France, jusqu’au 15 juin. Une artiste espagnole résidant à Londres dont on commence à parler dans les milieux autorisés : Leonor Serrano Rivas, que certains n’hésitent pas à proclamer « alchimiste des matériaux ».

Le mot alchimie renvoie aux savoirs mystérieux du Moyen Âge, quand les disciplines n’étaient pas différenciées. Cela tombe bien, car l’œuvre de cette artiste d’une quarantaine d’années mêle allégrement art et science, peinture et architecture, matériel sonore et images, sans parler de ses recours fréquents à la performance ou à la création vidéo. Au Lait d’Albi, justement, elle s’inspire des Scriptoriums de copistes médiévaux pour la mise en espace, ainsi que de manuscrits limousins dont elle prélève les signes musicaux et les enluminures.

Comme on le voit, il s’agit de transformer les savoirs du passé en réalisations présentes. Les artisans et leurs techniques anciennes sont d’ailleurs sollicités, qu’il s’agisse du domaine textile ou de la céramique, deux supports revenus au goût du jour, mais dont on ignore souvent l’histoire complexe. Le verre soufflé, dans ses aspects quelque peu magique (et le Moyen Âge n’est pas rebuté par la magie, pas plus que par l’astrologie ou, bien sûr, l’alchimie), est très présent dans cette pratique ainsi qu’on peut le constater avec ce Carcasa, où le matériau modelé est couplé à une armature de bois épais, comme il l’est ailleurs par des courtes barres de fer modulées.

Alchimie, magie, astrologie (que l’on pense à son travail vénitien à propos de La respiration de la Lune), le travail de Leonor Serrano Rivas nous ouvre les portes d’ivoire du rêve (Le rêve de la bouche, L’aventure du rêve) et ce n’est pas pour rien que son intervention, inaugurale, dans les nouveaux locaux du Lait s’intitule Del Otro mundo. Le rêve, après tout, ne connaît ni ordre ni hiérarchie et c’est ce qui intéresse l’artiste dans son exploration du Moyen Âge. Toutes les disciplines (science, philosophie, botanique, astrologie…) se valent et se complètent dans un syncrétisme dont nous ferions bien de nous inspirer. L’artiste sait l’art de transformer les ondes sonores en formes, couleurs, images, mouvements, ombres ainsi que le prouve son film Hearing forms.

De même, elle recourt à des matériaux divers (cymbales, cartes perforées en carton, rayonne, fil, laine, coton, impression d’écran) dont certains sont inattendus, sans renier les possibilités offertes par la technologie avancée. Ainsi, les environnements qu’elle crée sont le plus souvent immersifs, baignés de projections d’images, ce qui ne l’empêche pas de concocter des panneaux tissés de jacquard qui forment de précieux polyptyques. Ou des sculptures suspendues au coton, à la laine. Les poussières d’étoiles, les lumières sous-marines, les minerais terrestres pulvérisés n’ont qu’à bien se tenir…

BTN

Plus d’infos : centredartlelait.com
Photo : Leonor Serrano Rivas – ©Laura San Segundo.

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