Après avoir vécu à Anvers puis à Paris, Micki Gombert et Stavy Verchuren achètent en 1960 un terrain au Triadou, face au Pic Saint-Loup, où ils construisent eux-mêmes leur maison-atelier sur les plans de Stavy. Ils nouent rapidement des liens avec les artistes et écrivains de la région, de François Desnoyer à Jean Joubert, Frédéric Jacques Temple ou Gérard Calvet. C’est dans ce milieu créatif que grandissent leurs filles, à qui ils transmettent le goût de la création et l’exigence de l’authenticité.
Né à Anvers en 1924, Verchuren trouve dans les paysages rudes du Languedoc l’écho de sa propre fougue. Fauve, néo-expressionniste, puis lyrique et presque abstrait dans les années 1970, son art atteint son apogée dans les années 1990, décennie dont sont issues la plupart des toiles exposées. Formée à La Cambre, à Bruxelles, Micki Gombert (1930-2017) peignait dehors, assise par terre, à l’encre, à la gouache ou au pastel gras, traduisant la garrigue en lignes entrecroisées, avant de se tourner vers la céramique dans les années 1970.
Chacune des filles a tracé sa propre voie. Isabelle Verchuren, qui a ouvert des ateliers à Athènes, Bangkok et Almaty, présente de grands plats en argile aux décors concentriques évoquant rosaces et mandalas. Sophie Verchuren montre deux collections de sculptures en terre cuite, l’une inspirée des buildings des années 1930 et de l’architecture moderne, l’autre, née d’un voyage au Japon et à Hong Kong, centrée sur le corps en mouvement. Tania Bruzs, dont une œuvre figure dans la collection du National Museum of Women in the Arts de Washington, expose sa série Au fil de l’eau, où corps et paysages se fondent, des rivières du Sud jusqu’à la mer.
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