Sugimoto, nourri de peinture abstraite, s’est toujours intéressé à l’horizon, dans la droite ligne de celle que Pierre Soulages pouvait contempler quotidiennement de sa terrasse sétoise. Ainsi ses Seascapes témoignent de la fascination du Japonais pour les paysages marins, souvent divisés en deux plans. On est alors aux limites de la représentation et proche d’une ascèse méditative. Le thème est universel, intemporel, et octroie un peu de stabilité, rassurante, à un monde en mouvements et conflits. Ceci dit, Sugimoto ne se confronte pas seulement à l’art occidental. Il se souvient également de sa culture nippone, laquelle a tenté Soulages dans sa période consacrée à la calligraphie. La Brush impression, à base de papier détérioré, présentée au musée s’en rapproche, constituée qu’elle est de 47 idéogrammes réalisés dans le noir de la chambre requise. Sans doute aussi le diptyque représentant la sauvage pinède des Pines trees, qui semblent faire signe, inspirés d’un classique de l’art japonais selon le principe intitulé Reprendre la mélodie, qui donne son titre à cette exposition (Honka Dori). Enfin, la tentation picturale devient patente dans les Optiks où le travail du pigment bouleverse tous les repères et nous plonge dans une abstraction radicale et diffuse, laquelle ne peut se défaire toutefois de son origine réelle. On retrouve cet art des limites dans la série Révolution qui joue sur de forts contrastes et sur les modifications de points de vue. Une magnifique expo en perspective…
BTN
Plus d’infos : musee-soulages-rodez.fr
Photo : Hiroshi Sugimoto, Sam Eric, Pennsylvania, 1978












