C’est un double événement que prépare le musée Ingres Bourdelle pour l’été 2026, avec deux propositions distinctes qui se répondent au fil des salles.
Ingres et la mode aborde pour la première fois en exposition un angle resté inédit : le rapport singulier de Jean-Auguste-Dominique Ingres à la mode et à la matière textile. À travers plus de 200 pièces — peintures, dessins, textiles, accessoires, gravures et documents d’époque — le parcours explore la manière dont le peintre sublime les étoffes et les drapés, joue avec les transparences et s’inspire des tendances de son temps pour conférer à ses portraits une modernité intemporelle. L’exposition se déploie en six sections thématiques, de la matière textile à la couleur, du corps à la consommation de la mode, jusqu’à l’influence d’Ingres sur les créateurs des XXe et XXIe siècles — de Castelbajac à Saint Laurent, en passant par Issey Miyake. Le commissariat est assuré par Florence Viguier-Dutheil, directrice du musée, et Alexandra Bosc, spécialiste de l’histoire de la mode du XIXe siècle.
Dans les sous-sols du musée, la salle du Prince Noir accueille quant à elle Mémoires vives, une création inédite de Françoise Pétrovitch, en collaboration avec le vidéaste Hervé Plumet. L’artiste, élue à l’Académie des Beaux-arts en 2025, tisse un dialogue de longue date avec l’œuvre d’Ingres — un dialogue qu’elle prolonge ici en projetant sur trois immenses voiles verticales des figures inspirées de ses portraits, parmi d’autres créatures hybrides et mouvantes nées de son imaginaire. La fragmentation des images, la lumière travaillée en semi-obscurité et la création sonore de Hervé Plumet immergent le visiteur dans une atmosphère à la fois poétique et déroutante. Au second étage, plusieurs dessins de Françoise Pétrovitch s’insèrent dans les tiroirs habituellement consacrés aux feuilles d’Ingres, rendant le dialogue encore plus intime.
Plus d’infos : museeingresbourdelle.com
Photo : Jean-Auguste-Dominique Ingres, Portrait de Madame Rivière – © MI












