Les formes d’Alain Clément n’appartiennent certes qu’à lui, il les a affinées tout au long de sa carrière et pourtant elles nous apparaissent tout de go dans leur étrange familiarité. Nous les sentons proches de nous. C’est que nous y devinons leur origine corporelle, tant dans la manière dont elles ont été conçues, dans la continuité du mouvement du poignet, que dans l’étrange ballet qu’elles proposent sur la toile où chacun relèvera des galbes coutumiers, des allusions aux parties dynamiques du corps mouvant.
C’est d’autant plus pertinent que la peinture se fait souvent au corps à corps et témoigne de la lutte que le peintre a livrée à son support, dont il ressort triomphant, avec une furieuse envie de danser ou, d’exprimer la joie, La joie de peindre. Tel est le titre de cette exposition. Or qui dit corps suppose chair, et la chair en peinture, c’est indéniablement la couleur, d’autant qu’elle est aussi matière. En la galerie de ce village voué au jazz, et donc quelque peu à la danse et aux corps mouvants, Alain Clément proposera également des gravures (notamment des aquatintes), de dimensions plus modestes et plus intimistes. Des gouaches sur papier aussi, plus fragiles, plus émouvantes, et plus accessibles aux éventuels acquéreurs.
On y verra enfin une partie de son travail de sculpture, lequel occupe une place non négligeable depuis des années dans sa production. Certaines formes colorées semblent en effet s’être émancipées de ses peintures pour se figer dans l’espace, dans leur enveloppe de métal coloré. Elles mettront du mouvement dans cette galerie spacieuse qui ranime les pierres en briques de terre cuite de ce bâtiment du XIIIe siècle qui fermera ses portes, temporairement, en même temps que le festival de jazz, le 5 août.
BTN
Plus d’infos : lagaleriemarciac.com
Photo : © Alain Clément












