Plongez au cœur de la culture aborigène où les œuvres racontent une histoire, transmettent un savoir et révèlent la richesse culturelle des peuples indigènes, au musée de Lodève ! Art Aborigène, le Temps du rêve est présentée du samedi 18 avril et jusqu’au 30 août 2026. L’exposition contient des œuvres singulières et fascinantes allant de la peinture à la sculpture, toutes réalisées par des artistes de régions différentes d’Australie, illustrant la diversité d’un art à part entière.
La culture des Aborigènes d’Australie remonte à plus de 65 000 ans, ce qui en fait l’une des plus anciennes du monde. Jusqu’aux années 1970, les pratiques artistiques de ces peuples étaient exclusivement réservées aux cérémonies, avant de se faire connaître grâce à la peinture sur toile.
L’art aborigène est profondément ancré dans une relation authentique à la terre et intègre une vision holistique dans laquelle la nature et l’art sont en parfaite osmose. Les pratiques artistiques comme la gravure, la peinture, la sculpture ou le chant ne remplissent pas seulement une fonction esthétique, mais également une fonction pratique, puisqu’elles constituent un langage codifié sacré. Celui-ci a permis à cette civilisation de se repérer grâce à des symboles comme les lignes ou les cercles. En effet, les lignes représentent des chemins et les cercles des points d’eau ou des ancrages, formant une codification complexe, difficile à interpréter pour les non-initiés.
Un patrimoine précieux exposé au grand public
Dans cette exposition du musée de Lodève, les œuvres d’art présentent une grande diversité de motifs, allant de petits points aux hachures en passant par des rayures réalisées à l’acrylique sur toile. On peut voir dans les peintures exposées des représentations de l’espace, des cartographies ainsi que des totems nommés « Mokuy ». Ils sont représentés de manière à ce que l’on voie leurs os : dans la culture aborigène, ils accompagnaient les défunts.
L’exposition est organisée en trois thématiques distinctes. La première, « Country », fait référence à une entité vivante à laquelle les peuples appartiennent et dont ils sont responsables. Les peuples aborigènes prennent soin de cette entité et maintiennent ses récits vivants ; en échange, « Country » leur confère identité, loi et appartenance. Ensuite, « Creation » renvoie aux récits fondateurs imprégnant tous les aspects de l’art et de la pensée indigène. Enfin, « Ceremony » évoque le chant, la performance rituelle, la peinture et la danse, assurant le bien-être de Country, de la terre et de la transmission culturelle.
Prêtée par Alison et Peter W. Klein, cette grande collection venue d’Allemagne se distingue par la diversité sans pareille des œuvres choisies. « Nous n’achetons que ce qui nous plaît. L’essentiel est qu’une œuvre d’art nous touche. Nous ne nous laissons pas influencer par les grands noms ou les tendances actuelles du marché de l’art », expliquent les collectionneurs. Décidant ensemble des œuvres à acquérir, Alison et Peter W. Klein se fiaient entièrement à leur intuition et à leurs goûts. L’exposition de cet art dans les rues ensoleillées de Lodève représente une chance rare de découvrir cette richesse culturelle aborigène en France.
Autour de l’expo
Dans le cadre de l’exposition, plusieurs conférences et rencontres sont programmées, notamment avec Barbara Glowczewski, directrice de recherche émérite au CNRS et membre du Laboratoire d’Anthropologie sociale. Le jeudi 28 mai à 20h30, aura lieu une projection-rencontre « La terre ma chair » dans laquelle Barbara Glowczewski, à travers des extraits de documentaires, nous éclaire sur les peintures liées au corps, au sable, aux écorces ainsi qu’aux toiles en Australie. Cet évènement se tiendra au cinéma Luteva de Lodève et plongera le spectateur dans les rêves et la vie de plusieurs communautés aborigènes.
Une autre rencontre animée par Barbara Glowczewski, nommée « Rêver et résister avec les aborigènes », est prévue pour le vendredi 29 mai à 18h30. Celle-ci portera sur les luttes passées et actuelles des aborigènes, ainsi que sur la reconnaissance de leur droit et culture.
Le programme de l’exposition s’enrichit également d’autres évènements, dont la rencontre-conférence « Voyage au temps du rêve », animée le mercredi 24 juin à 18h30 par Stéphane Jacob-Langevin, expert reconnu de l’art aborigène, qui invitera le public à une immersion sensible dans l’univers aborigène. Trois films consacrés aux Aborigènes seront aussi projetés au cinéma Luteva, aux côtés d’autres évènements comme des ateliers d’écriture, des ateliers boomerang, des spectacles ou des contes.
Angelina Bouziani
Plus d’infos : museedelodeve.fr
Photo : Ginger Wikilyiri, Kalayaku Munu Kiparaku Tjukurpa, 2009. Acrylique sur coton, 87×104 cm © blitz + pixel, Nussdorf