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Sète : Claudie Dadu à La Chapelle du Quartier-Haut jusqu’au 20 février, par BTN

9 Fév 2023 | Art & Expos, Arts plastiques, Hérault

Jusqu’au 20 février, la Chapelle du Quartier Haut, à Sète, célèbre l’Hiver avec les deux Pôle Hair, de Claudie Dadu. Partant d’une démarche performative relevant de l’art corporel (On l’a souvent croisée jouant les Femmes à barbe), l’artiste s’est petit à petit concentrée sur l’exploration des vertus graphiques de ses très longs cheveux noirs.

Avec une dextérité et une maestria qui n’appartient qu’à elle, Claudie Dadu a ainsi conçu un nombre incroyable de dessins réalisés à partir de la seule ligne organique de ses attributs capillaires. Un cheveu, ayant terminé son cycle vital, suspendu sur la feuille de papier, accédait en quelque sorte à la pérennité de l’art. Il pouvait s’agir de portraits (humains ou animaux, célèbres ou familiers, motifs floraux), de signes dont on a fait une langue, de scènes érotiques, renforçant l’impression d’intimité que connote ce matériau corporel.

Plus récemment, son œuvre s’est intéressée à la mise en volume de ses traits – de prédilection. Sa rencontre avec des objets détournés de leur fonction et récupérés (dans une perspective écologique) allait s’avérer déterminante. Il s’agit du mobilier sanitaire, dont on sait la fortune qu’il connut grâce à la signature d’un pseudo de Marcel Duchamp. Claudie Dadu imite ainsi à la perfection de fines fissures en trompe-l’œil. On est alors dans l’ambiguïté puisque d’une part le dessin est abstrait, un peu comme le trait dessiné par tel cheveu qui demeure dans le lavabo après la toilette, mais que d’un autre côté, il est concret en tant que fêlure, identifiable comme telle. La dualité abstraction/figuration n’a plus lieu d’être. Il convient de s’approcher pour y voir de plus près.

Les œuvres sanitaires recourent à un mode d’emploi temporaire qui les désigne comme éphémères. Elles sont fragiles, comme tout ce qui touche au vivant, à petite ou à planétaire échelle. Intéressée par l’art du Kintsugi japonais, Claudie Dadu fait également référence à la banquise qui se craquelle pour nos plus grandes inquiétudes. D’où la présence de manchots qui orientent l’interprétation. Ainsi avec un simple trait d’ordre intime, appelons-le subtil, l’artiste finit-elle par toucher à des problèmes qui confinent à l’universel et qui nous pendent au nez (d’où la nécessité de s’en approcher). On a presque envie, poursuivant la métaphore et l’art de la métonymie capillaire, de lui tirer notre chapeau !

BTN

Plus d’informations : sete.fr

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